INTERVIEW ESCLUSIVE DE : Tania-Bénédicte M’BAKA,Présidente de MCLIMAT

L’ONG Migrations & Climat International
lance sa campagne 2026 de récolte de
fonds : Tania-Bénédicte M’BAKA,
Présidente de MCLIMAT, nous fait part de son parcours et de ses projets.


Migrations & Climat international (MClimat) est une ONG qui œuvre pour
l’accélération de l’Adaptation climatique (AAC), en mettant l’accent sur les besoins des communautés les plus impactées, en particulier les femmes et les
jeunes, pour les impliquer dans des projets concrets à impact positif.
Sous l’impulsion de sa fondatrice, Tania-Bénédicte M’Baka, l’ONG MClimat
mène des actions visant à soutenir le développement de projets durables dans
les territoires affectés par le climat, qui complètent les opérations de
sensibilisation et de formation qu’elle organise en France et en Afrique auprès
des populations, communautés et autorités locales grâce à ses correspondants
et affiliés dans plus de 15 pays.

Au moment du lancement de la campagne de collecter= de fonds de MClimat,
Tania-Bénédicte M’Baka a accordé un entretien à "Mines d'Infos" pour
expliciter son parcours, ainsi que les réalisations et projets de l’ONG.


👉 Pouvez-vous nous rappeler votre parcours ?

Je suis passée par la finance, où j’ai travaillé pendant plus de 15 ans banque d’investissement puis en banque de détail. En 2019, au moment de la crise du Covid19, j’ai décidé donner un nouveau sens à ma vie professionnelle, en m’orientant vers un métier aligné avec mes valeurs.
J’ai donc repris les études et fait un Master 2 en management et conduite du changement des
organisations, avec une spécialisation développement durable. Je me suis ainsi spécialisée dans
l’accompagnement des organisations, entreprises, collectivités et institutions, dans leurs stratégies d’adaptation climatique.
Intervenant à ce titre avec les équipes de négociation climat des Conférences des parties prenantes depuis le COP28 de Dubaï, j’ai acquis une forte conviction que des actions doivent
être mises en place pour soutenir les populations et territoires qui sont impactés par le
dérèglement climatique.
J’ai alors créé en 2024 l’ONG Migrations & Climat International / #Mclimat qui est
spécifiquement dédiée à l’accélération de l’adaptation climatique, grâce à la mise en œuvre de
solutions durables pour la résilience des communautés et territoires, qui permettent en
particulier de limiter les mouvements forcés de populations.


👉 S’agissant des réponses à apporter au dérèglement du climat, pouvez-
vous nous expliquer les différences entre mécanismes d’atténuation /
d’adaptation ?

Il s’agit là d’une question fondamentale : il faut comprendre en effet que ces deux stratégies sont absolument complémentaires pour pouvoir atteindre les objectifs du développement
durable (Agenda 2030 de l’Organisation des Nations Unies) et aussi assurer les trajectoires de
décarbonation (Cap 2050).
En fait, la maitrise de l’empreinte carbone par des politiques d’atténuation agissant sur les
causes du réchauffement climatique consécutif à l’augmentation de gaz à effet de serre
s’avérant difficile, celles-ci sont utilement complétées par des mécanismes d’adaptation ou
d’ajustement visant à gérer les effets du changement du climat et ses conséquences.
Il y a par ailleurs la compensation que vous n’avez pas mentionnée, qui découle des dernières
COP et qui a pour objet de répondre à la préoccupation de rééquilibrage nécessaire entre un
Nord qui pollue et un Sud qui pâtit de cette pollution.


👉 Comment remédier aux conséquences du dérèglement climatique à la fois
au Nord et au Sud ?

La problématique du climat est globale. Le réchauffement climatique impacte indéniablement
tous les continents. Cependant, lorsque j’ai accompagné des chefs d’État africains dans les dernières COP, j’ai constaté que la notion de justice climatique était un sujet absolument phare.
Nous devons en effet favoriser la prise de conscience de tous les acteurs sur le défi
particulièrement majeur que constitue le climat pour le développement économique et social
des pays du Sud. Je rappelle que le Nord pollue et le Sud ne pollue pas (ou à peine) : la COP28
de Dubaï a ainsi décidé un mécanisme de compensation fondé sur le principe pollueur-payeur.
 Par rapport à ce mécanisme de compensation, la COP29 de Bakou a prévu une enveloppe et la COP30 de Belém a défini une feuille de route et des provisions avec les intentions qui ont été
manifestées. Maintenant, nous devons donc pouvoir passer à l’opérationnel, autrement dit
« décaisser » les sommes qui ont été engrangées… sachant que le contexte géopolitique
mondial est aujourd’hui pour le moins tendu.


👉 Vous êtes française (bordelaise) d’origine centrafricaine, quel est alors votre plaidoyer pour l’Afrique ?

Comme chacun sait, l’Afrique est le berceau de l’humanité. Aussi, avec le bassin du Congo, c’est
l’un des deux poumons du monde (avec la forêt amazonienne), il faut bien en avoir conscience.
En tant que continent constitué de 54 pays, l’Afrique doit être encore accompagnée pour pouvoir mieux se protéger par rapport aux conséquences du réchauffement climatique sur ses
populations. Du fait du climat, celles-ci sont en effet poussées à quitter leurs campagnes pour aller chercher dans les villes un mieux-être qu’elles ne trouvent généralement pas, avant de se résoudre à migrer à l’international.
Comme je viens de l’indiquer, la source première de ces mouvements de populations est le
réchauffement climatique qui entraine à la fois des sécheresses, des canicules et des
inondations, et qui conduit à l’appauvrissement des sols avec des conséquences désastreuses
sur la production agricole, la sécurité alimentaire, la biodiversité et l’habitat.
Nous avons ainsi lancé l’ONG Migrations & Climat International pour contribuer à limiter ce phénomène de migration forcée, grâce aux actions menées par notre ONG dans les différents
domaines de la sensibilisation de la formation et de l’accompagnement de projets à impact.
Je tiens aussi à préciser que nos actions ne concernent pas que le continent africain : tout le monde est en effet impacté par le réchauffement qui provoque des catastrophes (incendies,
inondations), en Guinée (pour ne prendre que cet exemple) comme en France ou aux États-Unis.


👉 Pouvez-vous nous en dire plus sur les actions de Migrations & Climat
international ?

Les femmes et les jeunes étant les plus vulnérables, il s’agit malheureusement des populations
les plus impactées par le climat. Mais aussi, les femmes et les jeunes sont potentiellement les
véritables
 « architectes de l’adaptation », en raison de leur capacité à valoriser des « approches
endogènes », qui parce qu’elles sont le plus souvent traditionnelles sont pauvres en carbone.
Dans un contexte africain fondé sur une économie
 « informelle », essentiellement agricole et artisanale, les femmes et les jeunes peuvent ainsi largement contribuer à la résilience
climatique et à la sécurité alimentaire. A cet égard, je rappelle le rôle pivot de la femme africaine par rapport à la subsistance, à l’économie domestique.
Prenez note : 
« l’adaptation climatique n’est pas une option, mais un investissement pour un développement économique durable, social, culturel et environnemental ». Notre ONG est
donc présente pour cela dans plus de 15 pays où nos coordonnateurs locaux organisent au plus proche des populations 
-en particulier auprès des jeunes publics- des campagnes de
sensibilisation sur l’accélération de l’adaptation climatique.
Aussi, MClimat porte 7 projets d’adaptation qui sont à la fois duplicables et ajustables dans
chacun des pays où nous intervenons pour répondre aux besoins des populations, avec en tête pour l’Afrique, cet Agenda 2063 de l’Union africaine qui vise à transformer le continent en puissance mondiale de l'avenir.
Parmi ces 7 projets, je citerai le programme #FemmeAdaptClimat qui après son lancement le 22
mai 2025 à l’Assemblée nationale à Paris, a engagé une tournée africaine qui a commencé par
le Sénégal (Assemblée nationale, à Dakar) en juillet dernier et va se poursuivre en Côte d’ivoire, en Guinée, au Cameroun, au Cap vert, aux Comores…


👉 Quelles sont principales attentes par rapport au développement de
MClimat ?

Nous lançons en janvier notre première campagne de collecte de fonds. Nous avons en effet
besoin de soutiens financiers pour pouvoir accélérer nos actions de sensibilisation sur l’égalité, la justice climatique, l’inclusion du genre et des femmes dans les politiques d’adaptation.
Nous voulons aussi des partenaires techniques et financiers pour développer nos projets dans
le territoires, qu’il s’agisse d’autonomisation de femmes, d’emploi des jeunes et des femmes de sécurité alimentaire et de résilience et enfin d’homogénéisation des territoires. MClimat
coopère ainsi avec des acteurs comme Cités Unies France (CUF) ou l’Office international de
migrations (OIM), sans oublier par ailleurs le Palais de la Porte Dorée qui organise en ce
moment une exposition sur notre thématique 
« Migrations et Climat »


👉 Votre mot de la fin ?
Nous adressons prioritairement aujourd’hui les groupements de femmes et les jeunes des diasporas pour pouvoir
effectivement fédérer les acteurs autour de la création d’emplois sur les territoires et faire avancer les politiques publiques en matière d’adaptation.
En ce sens, notre plaidoyer est simple : « Paix – Climat et Femmes ». Rejoignez-nous, aidez
MClimat !!

🌎Pour soutenir MClimat : il suffit de flasher le QRcode ci-joint pour cela !! Pour en savoir plus : 


Propos recueillis par  Denis Deschamps 

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