Nora ANSELL-SALLES

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lundi 13 octobre 2014

Décès de Gabriel Richet


Gabriel RICHET, membre de l'Académie nationale de médecine depuis  1980, nous quittés vendredi 12 octobre 2014, à l'âge de 97 ans.
 
 
 
 
GABRIEL RICHET (1916-2014)
 
Né en 1916 au cours de la 1ère guerre mondiale, Gabriel Richet représentait la 4ème génération d’une lignée illustre de médecins, tous professeurs à la Faculté de médecine de Paris, dont son grand père, Charles Richet auquel le Prix Nobel fut décerné en 1913 pour la découverte de l’anaphylaxie.
 
Combattant et résistant
Gabriel Richet a 23 ans lorsque la 2ème guerre mondiale éclata. Il vient juste d’être reçu à l’internat des hôpitaux de Paris. Mobilisé, il participe à la campagne de France et fut cité à l’ordre de son régiment. Après une courte captivité, il revient à Paris où il reprend son activité médicale dans les hôpitaux. Toute sa famille participe à la lutte contre l’occupant. Son père, Charles Richet est déporté à Dachau, son frère Olivier à Dora et sa cousine, Jacqueline Richet-Souchère à Ravensbrück. Sa mère, Marthe, est emprisonnée à Fresnes. Gabriel Richet s’engage dès la libération dans l’armée qui, sous le commandement du général Leclerc, libère Strasbourg en novembre 1944. Durant tout le début de l’année 1945, les combats se poursuivent autour de la poche de Colmar. Gabriel Richet y participe comme médecin des commandos de France. Il est blessé, cité 3 fois à l’ordre de l’Armée et décoré de la Légion d’Honneur par le Général de Gaulle en avril 1945.
Un des  reconstructeurs de la médecine Française d’après-guerre.
Démobilisé, Gabriel Richet rejoint le service de Louis Pasteur Valléry Radot où il rencontre Jean Hamburger qu’il suit à l’hôpital Necker pour créer en 1950 le 1er service français de néphrologie. Il reste l’adjoint de Jean Hamburger pendant 10 ans.  A Necker, il introduit le traitement de l’insuffisance rénale aiguë par le rein artificiel, transformant le pronostic des septicémies post-abortum et des syndromes d’écrasement. Il participe à tous les travaux qui font la renommée mondiale du service de néphrologie. Citons l’allogreffe rénale entre mère et fils en 1952 qui ouvre la voie aux succès ultérieurs, le démembrement des néphropathies glomérulaires par l’examen histologique des prélèvements obtenus par biopsie rénale, les premières études des reins en microscopie électronique, la démonstration que le pronostic létal de l’insuffisance rénale chronique terminale dépend des troubles hydro-électrolytiques et non de l’urémie. Dès 1955, il conceptualise avec Jean Hamburger et Jean Crosnier la notion de réanimation médicale, c’est-à-dire de correction des grandes fonctions métaboliques, vite étendue avec succès à d’autres disciplines, ouvrant ainsi le nouveau secteur des soins intensifs.
L'Ecole de néphrologie de Tenon
Après Necker, c'est Tenon où Gabriel Richet crée un centre de néphrologie clinique et de recherches. Il y reste de 1961 à sa retraite en 1985. Son premier souci est de réunir une équipe avec Claude Amiel, Raymond Ardaillou et Liliane Morel-Maroger auxquels s’adjoignent plus tard Françoise Mignon, Jean-Daniel Sraer, Pierre Ronco, Eric Rondeau et bien d’autres encore. Avec l'aide de l’Assistance Publique-Hôpitaux de Paris, qui fournit un terrain, il y construit un pavillon moderne d’hospitalisation et de laboratoires ;  l’INSERM lui attribue la direction d’une Unité de recherches ; l’Université, l’Association Claude Bernard et le CNRS contribuent à l’acquisition de matériel et aux crédits de fonctionnement. Il aura ainsi créé, selon ses objectifs,  un centre de soins performant et un foyer intellectuel dont témoigne le nombre important de néphrologues français et étrangers qui y furent formés.
 
Il est impossible d’énumérer tous les travaux et découvertes qui jalonnent cette période de 24 ans. Gabriel Richet avait sa propre équipe de recherches et fut le premier à décrire une variété de cellules « sombres » rénales impliquées dans l’excrétion des ions acides. Il laissa toujours à ses élèves une grande liberté dans leurs sujets de recherches et se réjouissait de les voir acquérir une reconnaissance internationale. A sa retraite, Gabriel Richet a laissé en  héritage deux services de néphrologie, un service d’explorations fonctionnelles, une unité INSERM, sans compter tous les services de néphrologie de Paris et de province dirigés par ses élèves. L’élan qu’il a donné fait que l’Hôpital Tenon occupe une place grandissante dans la néphrologie mondiale. L’esprit alliant clinique et recherche qui y règne, l’outil forgé et les néphrologues qui y travaillent portent la marque frappée par Gabriel Richet sur cette discipline dont il a été un des créateurs.
Un des géants de la Néphrologie mondiale
Il fut un membre fondateur de la Société Internationale de Néphrologie, secrétaire général du premier congrès mondial de néphrologie à Genève et Evian en 1960, président de la Société Internationale de Néphrologie de 1981 à 1984. Parmi d’autres nombreuses récompenses et Doctorats Honoris Causa, il fut le lauréat du prestigieux Prix Jean Hamburger de cette même société en 1993. Gabriel Richet est Grand Officier de la Légion d’Honneur.
 
 
 
Raymond Ardaillou,  Secrétaire perpétuel de l’Académie nationale de médecine
Pierre Ronco, Université Pierre et Marie Curie, Directeur de l’unité INSERM 1155 ; Hôpital Tenon ; membre de l’Académie nationale de médecine
Eric Rondeau , Professeur à l’Université Pierre et Marie Curie, Hôpital Tenon