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La décision de la Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO) de confier au président ivoirien Alassane Ouattara la conduite du processus de création de l'ECO d'ici à 2027 fait réagir Ahoua Don Mello.

L'ancien ministre et ex-directeur général du Bureau national d'études techniques et de développement (BNETD) accuse la France d'avoir constamment entravé l'avènement d'une monnaie ouest-africaine souveraine et interpelle le chef de l'État ivoirien.

Revenant sur l'évolution du projet, il rappelle que les chefs d'État de la CEDEAO, réunis à Freetown le 19 juillet 2026, ont confié à Alassane Ouattara la coordination du lancement de l'ECO. 
« En confiant à Alassane Ouattara la conduite des opérations de la création de la monnaie unique d'ici 2027, les Chefs d'État de l'Afrique de l'Ouest mettent le Président ivoirien devant ses responsabilités », écrit-il.

Pour Don Mello, le principal frein au projet ne réside pas seulement dans les difficultés économiques des États membres, mais dans les accords monétaires liant les pays de l'Union monétaire ouest-africaine (UMOA) à l'Hexagone.

« La France n'a aucun intérêt à abandonner les accords monétaires au profit de l'Eco », affirme-t-il, accusant Paris de « manœuvrer (...) pour imposer le franc CFA à la CEDEAO en changeant de nom ».
L'ancien ministre revient également sur le sommet d'Abuja du 29 juin 2019. Selon lui, les décisions prises devaient consacrer « la mort de la garantie française et du régime de change fixe entre l'Euro et le franc CFA ». Il estime toutefois que « l'intervention vigoureuse de la France auprès de la Côte d'Ivoire » a conduit à promouvoir un « ECO-CFA » au détriment d'un « ECO souverain », allant jusqu'à évoquer « le coup de marteau de Macron contre l'ECO souverain ».

Paris a toujours contesté cette analyse. Les autorités françaises soutiennent avoir appliqué la réforme annoncée en 2019, marquée par la fin du dépôt d'une partie des réserves de change au Trésor français, le retrait des représentants français des instances de gouvernance de la BCEAO et le transfert de la responsabilité politique du projet aux États ouest-africains. La garantie de convertibilité et l'arrimage fixe à l'euro demeurent toutefois en vigueur, un mécanisme présenté par Paris comme un facteur de stabilité, mais que les souverainistes considèrent comme le signe d'une influence persistante.
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Le débat autour du franc CFA reste profondément clivant. Utilisée par quatorze pays d'Afrique de l'Ouest et d'Afrique centrale, cette monnaie est défendue pour sa stabilité et sa faible inflation. Ses détracteurs dénoncent, eux, une perte de souveraineté monétaire et un système qui limiterait la compétitivité des économies africaines.

Pour Don Mello, l'avenir de l'ECO dépend avant tout d'un choix politique. 
« Seule une véritable volonté politique affirmant la primauté des intérêts de la CEDEAO face aux intérêts externes à la CEDEAO peut permettre de tirer profit des opportunités qu'offre l'ECO », soutient-il.

Il plaide notamment pour le respect des critères de convergence, la maîtrise des ressources aurifères des États membres et la constitution de réserves régionales destinées à soutenir la future monnaie. Fidèle à sa ligne souverainiste, il conclut que « le franc CFA est l'arme du crime » et estime que l'ECO ne pourra s'imposer qu'en s'appuyant sur « un ambitieux projet politique » au service de l'intégration ouest-africaine.

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