Quand l’État retire ses billes

Hébergement d'urgence : l'État se désengage, les communes paieront la note



En annonçant, en plein cœur de l'été, une baisse du financement de l'hébergement d'urgence, l'État fait un choix : celui d’organiser sa propre pénurie.

Ce n'est pas une mesure de gestion, c'est un renoncement. Un renoncement qui coûtera beaucoup, en réalité, aux CCAS et CIAS qui devront, comme ils le font déjà trop souvent, pallier ce que la puissance publique n'assume plus.

Une compétence de l'État, un fardeau pour les communes
La loi est claire : l'hébergement d'urgence relève de l'État. Pourtant, dans les faits, les CCAS et CIAS sur le terrain évitent chaque jour que des familles ne dorment dehors, en avançant des nuitées d'hôtel, en mobilisant des locaux municipaux, en assurant un accompagnement social alors que le 115 sature. Baisser les crédits aux associations qui œuvrent dans ce domaine, c’est être certain que les Maires devront prendre le relais pour éviter la misère dans leurs rues.

La justice a déjà tranché
L'Unccas rappelle que cette question n'est pas seulement politique : elle est aussi juridique : en novembre 2025, le Tribunal administratif de Bordeaux a jugé l'État fautif pour sa carence dans l'exercice de sa compétence d'hébergement d'urgence et l'a condamné à rembourser au CCAS de Bordeaux une partie des nuitées d'hôtel que celui-ci avait dû financer sur son budget propre. D’autres recours similaires sont en bonne voie, notamment à Strasbourg, Rennes, etc.
Ce jugement et ceux à venir, doivent faire jurisprudence dans les esprits autant que dans les prétoires : chaque euro que l'État économise aujourd'hui sur l'hébergement d'urgence est un euro que la Nation paiera au décuple quand il s’agira de sortir de l’extrême pauvreté des milliers de familles et d’enfants. Ce choix du Gouvernement n’est donc pas seulement inhumain, il relève de la mauvaise gestion.


Ce que demande l'Unccas :
• Le retrait des coupes budgétaires annoncées aux associations gestionnaires de l'héber-gement d'urgence ;
• Le remboursement systématique par l'État des dépenses que les communes engagent pour suppléer sa carence ;
• La création de places d’hébergement d’urgence, à l’échelle des besoins du pays en la ma-tière.

Les CCAS ne demandent pas l’aumône, mais que l’Etat assume son devoir d’humanité et de dignité envers les plus démunis d’entre nous.


Luc Carvounas, Président de l'Unccas et maire d’Alfortville déclare : 
 « On ne peut pas demander aux communes de tenir la digue pendant que l'État ouvre les vannes. Chaque place supprimée, c'est une famille de plus à la porte d'un CCAS. Quand l'État est défaillant, c'est à lui d'en payer le prix, pas aux communes. Il est temps que le gouvernement assume ses responsabilités. Dans les faits et dans son budget. »



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