PDCI-RDA : « Hier, Aujourd’hui et Demain, le même combat » – La diaspora mobilisée autour de l’héritage et des perspectives du parti.
PDCI-RDA : « Hier, Aujourd’hui et Demain, le même combat » – La diaspora mobilisée autour de l’héritage et des perspectives du parti.
Clément EWOUEDJE
Londres, 26 avril 2026.
Dans le cadre des activités commémoratives marquant les 80 ans du PDCI-RDA, la Délégation Générale du parti au Royaume-Uni a tenu une conférence publique de grande envergure en visioconférence. Organisée via la plateforme Zoom, cette rencontre, qui s’est déroulée de 18h00 à 22h00 (heure locale), a rassemblé de nombreux militants, cadres et sympathisants de la diaspora ivoirienne.
Placée sous le haut patronage du président du parti, Tidjane THIAM, et sous le patronage du HR 15e District Europe-Asie, cette conférence avait pour ambition de revisiter l’histoire du parti, d’évaluer sa trajectoire actuelle et d’esquisser ses perspectives d’avenir.
L’animation des échanges a été assurée par M. Djedri N’Goran, vice-président du parti, Secrétaire exécutif en chef adjoint chargé de l’Administration et du développement des réseaux des cadres, par ailleurs président du Réseau des cadres « PDCI Notre Héritage ». Dans une intervention dense et structurée, il a retracé les grandes étapes de l’histoire du parti, tout en appelant à une mobilisation accrue de la diaspora autour des enjeux contemporains.
La rencontre s’est achevée dans une ambiance conviviale, marquée par une coupure symbolique de gâteau, traduisant l’esprit de célébration et de cohésion qui a animé les participants.
Ci-dessous, l’intégralité de la communication publique prononcée par M. Djedri N’Goran :
Mesdames et Messieurs,
Chers militants du PDCI-RDA de la diaspora,
Chers cadres, sympathisants et amis de notre grand parti,
Je tiens d’abord à vous exprimer ma plus vive reconnaissance. Malgré les distances, les fuseaux horaires, les exigences professionnelles et familiales, vous restez debout, fidèles au flambeau du Parti Démocratique de Côte d’Ivoire - Rassemblement Démocratique Africain (PDCI-RDA). Vous en êtes les ambassadeurs les plus dignes, portant haut nos couleurs là où le soleil se couche sur l’Afrique, mais où le cœur de la Côte d’Ivoire continue de battre avec force et fierté.
Votre engagement témoigne d’une vérité profonde : le PDCI-RDA n’est pas un simple parti politique. C’est une mémoire vivante, une école de formation politique, un héritage national et continental qui traverse les générations sans jamais s’éteindre. Aujourd’hui, dans le cadre des 80 ans de notre parti, nous nous rassemblons pour affirmer avec conviction : PDCI-RDA : Hier, Aujourd’hui et Demain, le même combat.
Ce thème n’est pas une formule. Il est une ligne de conduite, une exigence historique. Il nous invite à revisiter notre passé glorieux, à célébrer notre présent résilient et à forger avec détermination l’avenir de notre nation, dans la continuité des idéaux qui ont fait du PDCI-RDA le berceau de l’indépendance ivoirienne et un pilier de l’unité africaine.
Permettez-moi de vous emmener dans ce voyage intellectuel et militant, une épopée collective qui unit hier, aujourd’hui et demain dans un même élan de combat pour la dignité, la paix et le progrès.
I. Hier : Les origines glorieuses d’un combat historique
Tout commence dans les années 1940, au cœur de l’injustice coloniale. En 1944, Monsieur Félix Houphouët-Boigny, planteur et chef de canton de Yamoussoukro, refuse l’exploitation des planteurs africains. Avec des compagnons visionnaires comme Joseph Anoma, Gabriel Dadié et bien d'autres fondent le Syndicat Agricole Africain (SAA), le 3 septembre 1944.
Deux ans plus tard, le 9 avril 1946 à Treichville, ce mouvement devient le Parti Démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI). Le 18 octobre 1946, au Congrès de Bamako, le PDCI intègre le Rassemblement Démocratique Africain (RDA), dont Houphouët-Boigny assume la présidence. Naît alors le PDCI-RDA, avec une ambition panafricaine : libérer les peuples du joug colonial et bâtir leur souveraineté.
Dès 1946, une victoire éclatante marque notre histoire : le 11 avril, le député Félix Houphouët-Boigny fait adopter à l’Assemblée nationale française la Loi Houphouët-Boigny, abolissant le travail forcé dans les colonies. Des millions d’Africains retrouvent leur dignité. Cette loi reste le symbole d’un combat intelligent, stratégique et victorieux.
Viennent ensuite les épreuves : la répression coloniale de 1949-1950, les arrestations, la célèbre marche des femmes sur Grand-Bassam. Ces femmes courageuses, militantes du PDCI-RDA, ont payé un lourd tribut pour exiger la libération des prisonniers politiques. Leur sang et leur détermination ont forgé notre résilience. Ces moments nous enseignent que les grandes causes exigent courage, unité et persévérance.
Le 7 août 1960, sous la houlette de Félix Houphouët-Boigny, la Côte d’Ivoire accède à l’indépendance. Le PDCI-RDA devient le moteur de la construction nationale : stabilité politique, développement économique (le « miracle ivoirien » fondé sur l’agriculture, le cacao et le café), paix sociale et unité nationale. La création en 1989 du Prix Félix Houphouët-Boigny pour la recherche de la paix (parrainé par l’UNESCO) illustre cette vision humaniste qui a rayonné bien au-delà de nos frontières.
C’est dans cette même dynamique de vision à long terme que Félix Houphouët-Boigny et le PDCI-RDA ont su anticiper les évolutions démocratiques du continent. Les turbulences politiques de 1990, portées par la vague démocratique qui a secoué l’Afrique, avec son cortège de conférences nationales, ont été maîtrisées en Côte d’Ivoire grâce à l’adoption sereine du multipartisme, intégrée dans notre loi fondamentale.
À la vérité, le cheminement historique – et pourrait-on dire spirituel – intelligemment conduit par Félix Houphouët-Boigny et ses compagnons a offert aux Ivoiriens l’occasion de s’exercer au vote pendant de nombreuses années. Dès 1980, sous sa houlette, le PDCI-RDA initie ce que l’on a appelé « la démocratie à l’ivoirienne » : des compétitions électorales locales ouvertes à tous les militants au sein du parti unique. Les Ivoiriens ont ainsi appris, dans la pratique, les instruments du vote, l’acte de choisir librement et l’exercice concret de la démocratie.
Cette anticipation mesurée et progressive a préparé les consciences au libre choix, tout en habituant les populations à la diversité des opinions. Elle a ainsi ouvert la voie au multipartisme dans la sérénité et la stabilité, évitant les chocs brutaux observés ailleurs sur le continent. C’est cela, Houphouët-Boigny et le PDCI-RDA.
Depuis l’indépendance, le label PDCI-RDA n’a jamais été entaché par aucune intrigue. Il reste dynamique et nous rappelle que les Ivoiriens sont d’un métissage naturel qui ne saurait s’accommoder de catégorisations identitaires étroites – « Ivoiriens du nord, du centre, du sud, de l’est, de l’ouest, musulmans, chrétiens ». Dans le PDCI-RDA, les bâtisseurs sont venus de partout pour faire la grandeur de ce parti.
Le PDCI-RDA résume en lui seul l’houphouëtisme. Il porte l’histoire politique véritable de la Côte d’Ivoire et de l’Afrique noire coloniale. Ce grand parti a construit, durant près d’un demi-siècle, une démarche fusionnelle de nos cultures dans l’harmonie, pour que l’Ivoirien soit simplement regardé comme tel, au-delà de toute division.
Le PDCI-RDA rime avec modération, tolérance, dialogue, stabilité, paix et développement. Cet héritage d’une histoire exceptionnelle, aux valeurs universelles, mérite d’être préservé dans la paix et la cohésion. Nous avons donc le devoir de nous rassembler pour la reconnaissance et la défense de ce patrimoine national face à toute adversité.
II. Aujourd’hui : La continuité dans la résilience et le renouveau
À la disparition du Père fondateur en 1993, Henri Konan Bédié prend le flambeau. Héritier direct, il préserve la stabilité dans un contexte de multipartisme et d’ouverture démocratique. Malgré le coup d’État de 1999 et l’exil, il revient, rassemble les militants et consolide le parti. Sa fidélité dans l’adversité nous rappelle que le PDCI-RDA ne meurt pas dans les tempêtes : il se renforce.
Aujourd’hui, sous la présidence de Tidjane THIAM, c'est la synthèse parfaite : fidélité à l’héritage d’Houphouët-Boigny et de Bédié, alliée à une expertise économique pointue et une ouverture stratégique sur le monde globalisé.
Dans ce présent, la diaspora ivoirienne occupe une place centrale et stratégique. Vous, militants à Paris, Londres, New York, Montréal, Bruxelles, Pékin ou ailleurs, formez le réseau le plus vaste et le plus dynamique du PDCI-RDA à l’étranger. Entrepreneurs, intellectuels, cadres, étudiants et professionnels, vous représentez une force de projection internationale, un pont entre la Côte d’Ivoire et le monde. Votre mobilisation, vos transferts de compétences et votre engagement politique font de la diaspora non plus une périphérie, mais une extension vitale de notre combat.
III. Demain : Le même combat, avec de nouvelles armes
Hier, nous avons aboli le travail forcé et conquis l’indépendance. Aujourd’hui, nous résistons et nous modernisons. Demain, nous bâtirons une Côte d’Ivoire plus forte, plus unie, plus prospère, en tirant les leçons éternelles de notre histoire :
L’unité nationale : pilier intangible, forgé par Houphouët-Boigny pour transcender les divisions.
La résilience : face aux répressions, coups d’État et exclusions, nous nous relevons toujours plus déterminés.
La vision à long terme : stabilité institutionnelle, rigueur économique et anticipation des défis mondiaux.
Le rôle des cadres et de la diaspora : transmission de l’histoire, formation politique et mobilisation des compétences acquises à l’étranger.
La continuité dans le changement : nous n’oublions pas notre passé, nous l’enrichissons pour affronter l’avenir.
Le dialogue et la persévérance démocratique : même dans l’adversité, nous choisissons la paix et le progrès.
Ces leçons ne sont pas théoriques. Elles sont opérationnelles. Elles nous obligent à former les jeunes générations, à défendre nos valeurs de paix et de dialogue, et à projeter le PDCI-RDA comme force de proposition crédible pour le développement durable de la Côte d’Ivoire.
Conclusion
Mesdames et Messieurs,
Le PDCI-RDA incarne hier la lutte pour la dignité, aujourd’hui la résilience et le renouveau, et demain la victoire du même combat : celui de l’unité, de la paix et du progrès pour tous les Ivoiriens.
Cet héritage nous interpelle avec force. Il nous oblige à le porter, à le transmettre et à le renouveler. Il nous appelle à rester dignes, déterminés et solidaires.
À vous, chers militants de la diaspora, je lance un appel solennel : continuez d’être ces ambassadeurs infatigables. Que chaque action, chaque rencontre, chaque contribution renforce notre grand parti. Car un héritage n’est vivant que lorsqu’il est incarné avec fierté et défendu avec conviction.
PDCI-RDA : Hier, Aujourd’hui et Demain, le même combat !
Je vous remercie.
Clément EWOUEDJE
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Conférence virtuelle du PDCI-RDA au Royaume-Uni : entre mémoire historique et cap stratégique sous l’ère Tidjane THIAM
Sous l’égide de la délégation générale du PDCI-RDA au Royaume-Uni, une conférence virtuelle d’envergure s’est tenue dans le cadre des célébrations des 80 ans du parti (1946-2026). Organisé sous le haut patronage du président Tidjane Thiam et sous la coordination du Haut représentant du district Europe-Asie, cet échange numérique, diffusé en direct sous forme de podcast, a réuni militants, cadres et membres de la diaspora ivoirienne.
Animée par DJEDRI N’GORAN, secrétaire exécutif chargé de l’administration du parti, cette rencontre s’est déroulée dans un contexte de remobilisation politique et de consolidation stratégique à l’approche des échéances nationales. Face à un public connecté depuis plusieurs fuseaux horaires, la conférence, tenue en ligne à une heure adaptée à la diaspora européenne, visait à renforcer les liens entre la direction du parti et ses bases extérieures, tout en revisitant les fondamentaux idéologiques du PDCI-RDA.
Très vite, l’intervention magistrale du conférencier a laissé place à une séance de questions-réponses particulièrement dense. Militants et cadres ont interpellé l’orateur sur des sujets à la fois historiques, politiques et organisationnels. Dans un ton à la fois pédagogique et ferme, DJEDRI N’GORAN a répondu point par point, inscrivant chaque réponse dans une continuité entre héritage historique et vision stratégique contemporaine.
Les échanges qui suivent, retranscrits fidèlement dans l’ordre des préoccupations exprimées, offrent un éclairage à la fois mémoriel et prospectif sur l’identité et les ambitions actuelles du PDCI-RDA.
1.Répression des forces coloniales françaises à Dimbokro en 1950
Oui, évoquons cet épisode tragique avec le respect dû à nos martyrs. En 1949-1950, le PDCI-RDA, fer de lance de la lutte anticoloniale, exigeait l’égalité et la dignité après la Loi Houphouët-Boigny de 1946. Les autorités coloniales, inquiètes de la montée du mouvement et de son lien initial avec le PCF, ont choisi la répression pour briser l’élan nationaliste ivoirien. Le 30 janvier 1950 à Dimbokro, une manifestation pacifique a été noyée dans le sang par les forces coloniales : des dizaines de militants et de civils innocents ont été massacrés. Ce carnage, loin d’étouffer notre combat, a forgé notre résilience. Le sang versé à Dimbokro reste un cri de liberté qui résonne encore pour la Côte d’Ivoire d’aujourd’hui : hier comme aujourd’hui, la répression n’a jamais vaincu le PDCI-RDA ; elle l’a rendu plus fort, au service exclusif de l’unité et de la souveraineté ivoiriennes.
2.Prison d’Assabou et génie politique du Pr. Houphouët
La prison d’Assabou, à Yamoussoukro, a en effet accueilli en 1963 des figures emblématiques, dans le cadre du « complot d’août ». Au-delà de la fermeté légitime du Père fondateur face à toute menace contre la jeune indépendance de la Côte d’Ivoire, il y avait là un authentique génie politique. Félix Houphouët-Boigny savait détecter les failles, mais surtout réintégrer. Beaucoup de ces personnalités, après avoir été mises à l’épreuve, sont redevenues des collaborateurs loyaux, récompensés et promus. Son génie ? Transformer la suspicion en confiance, la dissidence en unité. Il ne détruisait pas les talents ; il les recentrait au service de la nation ivoirienne. C’est cette sagesse de rassembleur qui fait que, même dans l’adversité, le PDCI-RDA reste une grande famille au service exclusif de la paix et du progrès de la Côte d’Ivoire.
3.Marche des femmes ivoiriennes de 1949
Cette marche de 40 km d’Abidjan à Grand-Bassam, du 22 au 24 décembre 1949, reste l’un des actes les plus poignants de notre histoire. Les hommes n’ont pas « abdiqué » : la plupart étaient déjà emprisonnés sans jugement à Grand-Bassam ou pourchassés, contraints à la clandestinité (Houphouët lui-même avait dû se réfugier). Les femmes, sous la houlette de figures comme Anne-Marie Raggi et Makoukou Traoré, ont alors pris le relais avec une intelligence stratégique. Elles ont transformé la répression en opportunité : moins suspectes aux yeux des colons, elles ont incarné la continuité du combat. Ce n’était ni faiblesse des hommes ni simple émotion : c’était la complémentarité des forces au service d’une même cause. Ces vaillantes mères ivoiriennes nous enseignent que le PDCI-RDA a toujours su mobiliser toutes ses filles et tous ses fils, sans exception, pour la dignité et l’unité de la Côte d’Ivoire.
4.Rapports actuels du PDCI-RDA avec les autres partis démocrates et panafricains
Le PDCI-RDA reste fidèle à la vision panafricaine du RDA de Bamako. Dans un monde d’intérêts stratégiques, nous privilégions, au premier chef, le dialogue constructif avec tous les partis démocrates ivoiriens ou d’autres forces – dès lors qu’ils placent l’intérêt supérieur de la Côte d’Ivoire, l’unité nationale et la stabilité au-dessus des ambitions personnelles. Notre ligne est claire : ni soumission ni confrontation stérile, mais une coopération pragmatique et des partenariats gagnant-gagnant qui honorent l’héritage houphouëtiste de modération et d’ouverture. Hier nous avons libéré l’Afrique ; aujourd’hui et demain, nous bâtissons, au service exclusif de la Côte d’Ivoire, une nation unie par le dialogue, la paix et le développement partagé.
5.Rupture avec le PCF en 1950 : le PDCI doit-il s’en inspirer ?
Absolument, et c’est un exemple magistral de pragmatisme visionnaire au service de la Côte d’Ivoire. Face à la répression coloniale et aux menaces directes , Monsieur Félix Houphouët-Boigny a choisi, en octobre 1950, de rompre avec le PCF pour adopter une ligne modérée et constructive. Ce n’était pas une capitulation, mais une manœuvre stratégique pour sauver le mouvement et avancer vers l’indépendance. Le PDCI-RDA s’en inspire pleinement aujourd'hui, nous privilégions toujours l’intérêt supérieur de la Côte d’Ivoire. Nous dialoguons avec tous les acteurs, dans un esprit de fraternité légendaire sur les sujets qui touchent à la vie de la nation, sans jamais sacrifier notre souveraineté politique, bref, nos valeurs. La modération n’est pas faiblesse ; c’est la force de ceux qui gagnent durablement pour le peuple ivoirien.
6.Nécessité des Hauts représentants du PDCI-RDA
Les Hauts représentants, nommés par le Président Tidjane THIAM en 2024 dans les districts et la diaspora, ne sont pas des postes décoratifs. Ils sont des ambassadeurs de terrain, des relais de mobilisation, des garants de la présence du parti partout où bat le cœur ivoirien. Leur rôle est stratégique : Assurer la coordination des actions des Délégués au sein de leur District et en faire la synthèse. Ils sont donc chargés d'informer régulièrement le Président du Parti des activités des différentes délégations. C'est un travail de résultats et cela exige des cadres engagés, avec une évaluation formelle qui permet au Président du Parti d'apprécier le travail qui est fait sur le terrain.
En filigrane de ces échanges, une constante s’impose : le PDCI-RDA entend conjuguer mémoire historique et ambition politique. Entre héritage de Félix Houphouët-Boigny et dynamique impulsée par Tidjane THIAM, le parti se positionne comme une force de continuité et de transformation.
À travers cette conférence virtuelle, la diaspora ivoirienne au Royaume-Uni s’affirme plus que jamais comme un maillon stratégique dans la recomposition politique en cours, témoignant d’un PDCI-RDA résolument tourné vers l’avenir, sans jamais renier les fondements de son histoire.
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*Le PDCI-RDA doit reprendre le contrôle du récit : il est temps de revenir sur les plateaux télés*
Dans toute bataille politique, comme dans toute guerre, celui qui contrôle l’information contrôle la stratégie. Celui qui impose le récit impose le tempo. Et celui qui abandonne le terrain médiatique laisse à l’adversaire le soin de redessiner la réalité à sa convenance. C’est précisément cette vérité stratégique que le PDCI-RDA semble avoir temporairement oubliée, au risque de laisser ses détracteurs façonner librement l’opinion publique ivoirienne à l’approche des élections locales.
Depuis plusieurs mois, une décision de la direction du parti a conduit ses cadres, militants et responsables à déserter les plateaux de télévision et les forums publics dès lors que le PDCI-RDA ou ses dirigeants y étaient mis en cause. Face à la multiplication des attaques, souvent partiales, parfois calomnieuses, orchestrées par certains médias et invités ouvertement hostiles, cette posture de retrait visait sans doute à éviter la légitimation de débats biaisés. Mais la conséquence est aujourd’hui patente : un déséquilibre criant s’est installé entre les faits avérés et les narratifs mensongers qui circulent librement, sans contradicteur crédible pour les remettre en perspective.
Ce silence stratégique, bien que compréhensible dans un premier temps, devient aujourd’hui contre-productif. En politique, l’absence n’est jamais neutre. Elle est interprétée comme un aveu ou, pire, comme une incapacité à défendre ses positions. Pendant que les cadres du PDCI-RDA se taisent, d’autres forces politiques, parfois minoritaires sur le terrain mais très actives sur les ondes, construisent patiemment un récit qui fragilise l’image du parti, dénature son histoire, questionne sa légitimité historique et distord ses propositions pour l’avenir de la Côte d’Ivoire.
Le PDCI-RDA n’est pas un parti comme les autres. Héritier direct de Félix Houphouët-Boigny, père fondateur de la nation ivoirienne, il porte en lui une légitimité historique incomparable, une expérience éprouvée de gouvernance et une vision républicaine, fédéraliste et inclusive profondément ancrée dans l’ADN de la Côte d’Ivoire moderne. Son attachement à la réconciliation nationale, à l’unité du pays et à un développement harmonieux et partagé n’est pas une posture électorale : c’est une constante depuis sa création en 1946.
À cet égard, les cérémonies marquant les 80 ans du PDCI-RDA constituent une opportunité historique exceptionnelle. Elles doivent servir de puissant prétexte pour convaincre les Ivoiriens, au-delà des clivages partisans, des opportunités uniques que continue d’offrir ce grand parti. C’est le moment idéal de retracer avec fierté et rigueur l’histoire glorieuse du PDCI-RDA : de ses combats fondateurs pour l’émancipation africaine et l’indépendance de la Côte d’Ivoire, en passant par son rôle central dans la construction de l’État moderne, jusqu’à ses performances remarquables dans la mise en place des infrastructures économiques, éducatives et sanitaires qui ont fait de notre pays un modèle envié sur le continent pendant des décennies.
Il faut rappeler sans complexe les acquis tangibles du PDCI-RDA : la stabilité politique et sociale qu’il a su préserver pendant près de quarante ans, la politique agricole visionnaire qui a propulsé la Côte d’Ivoire au rang de première puissance cacao mondiale, les investissements massifs dans les routes, les écoles, les hôpitaux et les universités, ainsi que sa contribution constante et décisive à la construction d’une nation unie, plurielle et prospère. Ces progrès ne relèvent pas de la nostalgie, mais d’une réalité historique vérifiable qui a posé les bases solides du développement ivoirien contemporain.
Laisser ce patrimoine intellectuel, politique et matériel être sali ou caricaturé sans riposte digne et argumentée revient à trahir non seulement le parti, mais aussi les millions d'ivoiriens qui se reconnaissent encore dans ses idéaux de paix, de travail et de solidarité.
Il est temps, sans dramatisme excessif mais avec lucidité, de tirer les leçons de cette stratégie du retrait. La direction du PDCI-RDA doit renouer avec une présence active, intelligente et coordonnée sur les plateaux de télévision, dans les médias écrits et sur les réseaux sociaux. Non pas pour répondre à toutes les provocations, mais pour rétablir les faits, défendre les positions du parti avec hauteur, et surtout, proposer un projet clair pour la Côte d’Ivoire de demain, en s’appuyant légitimement sur son passé glorieux et ses performances reconnues.
Revenir dans le débat public ne signifie pas accepter les règles biaisées imposées par certains animateurs. Cela signifie imposer ses propres cadres : rigueur intellectuelle, respect des institutions, attachement à la vérité historique et vision prospective. Cela signifie également former et accompagner une nouvelle génération de porte-paroles capables de conjuguer fermeté militante et élégance diplomatique, combativité et crédibilité.
L’opinion publique ivoirienne, dans sa grande majorité, reste profondément attachée aux valeurs de paix, de dialogue et de prospérité que le PDCI-RDA a longtemps incarnées. Elle attend des réponses claires, des arguments solides et une vision mobilisatrice. Le vide laissé par le parti ne profite qu’à ceux qui rêvent d’une Côte d’Ivoire fracturée ou dominée par des logiques de court terme.
À l’approche des élections locales, le PDCI-RDA ne peut se permettre de rester spectateur de son propre affaiblissement médiatique. Reprendre le contrôle du récit n’est pas une option : c’est une nécessité stratégique. C’est en affrontant le débat, avec intelligence et détermination, et en utilisant notamment les cérémonies des 80 ans comme tribune privilégiée pour mettre en lumière ses acquis, son histoire et sa contribution indéniable à la construction de la Côte d’Ivoire moderne et modèle, que le parti honorera son héritage, défendra ses dirigeants et reconquérera pleinement le cœur et l’esprit des Ivoiriens attachés à une nation unie, forte, souveraine et prospère.
Le temps du silence tactique est révolu. L’heure est venue de la reconquête narrative. Le PDCI-RDA en a les moyens intellectuels, humains et historiques. Il doit désormais en avoir la volonté politique.
Clément EWOUEDJE
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