Nora ANSELL-SALLES

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mardi 7 novembre 2023

🔴 Coup de projecteur sur : David Ollivier-Lannuzel nouveau président de l”UROPS

Bonjour  David  Ollivier-Lannuzel, les lecteurs de "Mine d'infos"  vous connaissent  en tant que successeur  de Bruno  Caron  à  la présidence du  l’UROPS. 
Les militants mutualistes n'ignorent rien du parcours du Président  de la MCDEF... mais l'homme public est plus connu que l'homme privé...
 
La rédaction de  "Mine d’infos"  lève un coin du voile...

 
👉 Vous souvenez-vous  de votre 1er acte militant ?

Non franchement pas vraiment, je suis tout d’abord un acteur du mouvement ouvrier, j’ai commencé a travaillé aux Arsenaux de la Marine Nationale à Brest, d’abord comme apprenti à 15 ans puis comme Ouvrier de l’Etat. Mon premier acte militant serait celui de m’être syndiqué et de m’y être engagé un peu plus tard. Il y avait un sens commun entre les ouvriers de l’atelier et des conditions de travail pas très confortables. De ce fait, militer pour de meilleures situations professionnelles m’ont semblé être une cause juste. 

 
👉 À qu'elle carrière  vous destiniez-vous à  20 ans ?

A 20 ans je travaillais depuis quelques années, mon indépendance économique et sociale bien établie. Ma carrière d’ouvrier de l’Arsenal de Brest devait être un chemin tracé si je ne mettais pas mis en tête de passer mon Bac, puis un DEUG, une licence d’Histoire de l’art et de paléographie puis une maîtrise en archéologie en cours du soir sous le statut d’étudiant salarié. L’atelier la journée et les cours le soir. Une époque plutôt sympa avec un mélange des genres. A cela s’ajoute un parcours syndical qui commence au niveau du local et rapidement national sur les thématiques liées à la jeunesse. 


👉 Dans quelle circonstance le monde de la  protection sociale a-t-il croisé votre route ?

Au début de mon parcours militant au sein de FO, j’ai été représentant de cette organisation au sein des Conseils départementaux de la Jeunesse mis en place par la Ministre MG. Buffet. Par effet de représentation et peut être aussi par manque de candidat je fus également représentant au sein de la structure nationale dont l’objet était de donner la parole aux « jeunes » sur leur problématique d’emploi, de santé, d’autonomie financière ou de mobilité. Une expérience enrichissante tant dans les rencontres que dans les sujets traités. Cela m’amènera a me spécialiser dans ce domaine et de devenir l’assistant de Marc Blondel et de Michèle Monrique sur les questions des jeunes. J’ai ainsi travailler avec eux pendant de nombreuses années tant au niveau national qu’européen à la Confédération Européenne des Syndicats. Les questions d’autonomie de la jeunesse, les « emplois Jeunes », le CEP furent des sujets sur lesquels j’œuvrais. 
Suite à un travail au Conseil Economique et Social sur le rapport d’Hubert Brin j’ai rencontré Jean-Claude Mallet, ancien Président de la Caisse nationale d’Assurance Maladie. Il m’intègrera quelques mois plus tard au sein du Conseil de la Cnam où je siège toujours.


👉 Par quel chemin  détourné,  ou pas, devient-on président  de la MCDef?

Par un chemin de traverse… militant du Régime Obligatoire, élu Secrétaire Général des Ouvriers de l’Etat pour FO, j’ai, au hasard des rencontres, fait connaissance avec Patrick Djelalian, ancien Président de la Mutuelle Civile de la Défense MCDef. Celui-ci me donna les clefs pour comprendre dans sa globalité le modèle de protection sociale en France qui repose sur le RO et le RC. Il me proposa de rentrer délégué puis administrateur de son conseil d’administration, un parcours somme tout banal. Mais ce que je compris par la suite c’est l’extrême complexité du monde mutualiste et de ses arcanes. Un environnement très dépendant des politiques sanitaires, réglementaires mais au aussi des lames de fond qui viennent fragiliser ses racines. C’est à la suite d’un départ hâtif de mon prédécesseur que j’ai accédé à la Présidence de cette belle mutuelle qui est aujourd’hui au sein du Groupe Klesia. Un havre pour notre mutuelle qui au regard de la taille et du vieillissement de sa population craignait pour son devenir.


👉 Et pour la MCDEF  ?

Depuis quelques années MCDef a opéré un élargissement de son spectre a destination de ses adhérents. Acteur du collectif dans les secteurs de l’armement nous avons compris très vite que les outils qui accompagnent les garanties santé sont des gages de fidélisation. Ainsi nous conservons depuis le début de la mise en place des contrats collectifs des fleurons de l’industrie d’armement Français tel Nexter-Giat ou encore MBDA et avant Safran. Au début de mon mandat je m’étonnais du peu d’entrain de ma mutuelle sur les champs de la prévention d’autant plus que les mutuelles de fonctionnaires ont l’obligation d’affiliation au régime obligatoire et donc aux éléments consubstantiels à cette mission comme la prévention. Je reste persuadé que mon approche Sécurité Sociale m’a aidé à faire prendre conscience que nous jouons un rôle collectif au niveau des mutuelles de fonctionnaires sur ce champ. Nous nous plaignons à raison d’être des contributeurs aveugles du système de soins alors que nous pouvons être des acteurs visibles du parcours de santé. Urops en est un exemple en soit.


Marina  Mollins - DG, Bruno Caron ancien Pdt. & David Ollivier-Lannuzel nouveau Pdt. le jour de la passation.

👉 Quels sont vos objectifs à 5 ans pour l'Urops ?

J’ai l’habitude de dire que l’on ne se décrète pas soi-même légitime mais que nous sommes reconnu par les yeux de l’autre. Ainsi Urops lors de sa mue s’est elle détachée de la tâche gestionnaire pour investir celui de la prévention. Optique salvatrice et pari réussi par mon prédécesseur Bruno Caron qui a mené cette transition en ménageant les personnels de MFPS et la gouvernance des mutuelles, un tour de force. Maintenant on doit consolider le modèle avec un contrat avec notre tutelle Cnam qui prenne bien compte les ambitions de politiques publiques et les expressions de besoin des ministères en matière de prévention des agents publics et contractuels. Cela on peut le faire sur la base de constats sérieux et d’ambitions politiques clairement exprimées. C’est le cas par le Ministre Guérini quand il « missionne » Urops sur le terrain de la prévention du diabète sur l’île de la Réunion. C’est un grand pas en avant pour le collectif que nous sommes et un enjeu car nos moyens doivent pouvoir reposer sur des engagements concrets de la part de nos tutelles et de moyens de la part des ministères y compris pour nos 400 militants mutualistes qui œuvrent bénévolement par les moyens des mutuelles sur le terrain de la prévention en santé publique sur le champ professionnel.
Urops reste un exemple de ce qu’il faudrait faire dans le monde privé… amener une pédagogie, une culture de prévention en santé publique au sein du monde du travail.


👉 Quel regard portez-vous sur l'actualité [ESS et autre] du moment ? 

Je suis assez soucieux de nature et le glissement qui s’opère sur notre modèle de protection sociale n’est pas fait pour me rassurer. Contrairement à une certaine doxa politique je ne crois pas que le budget de la Sécurité Sociale doit se confondre avec celui de l’Etat. Je ne crois pas au « Grand tout » budgétaire parce qu’au travers de cela on peut oublier ce qui fait la substance de notre modèle de protection sociale à savoir la cotisation sociale et la cotisation employeur. C’est sur le fruit du travail qui se construit notre modèle. Si nous devions considérer que la solidarité nationale vienne supplanter la contribution du salaire différé je crains à un affaiblissement du modèle et une croyance plus grande dans le « tout gratuit » ce qui est déjà en soit une forfaiture. Le problème de la ressource fiscale est qu’elle reste assez neutre dans son utilisation à contrario de la cotisation sociale qui est affectée aux branches de la Sécurité Sociale… pour peu que l’on sache cela ou que l’on s’y intéresse.
En dehors de la problématique des corps intermédiaires gestionnaires et du rôle de supplétifs qu’ils pourraient jouer demain je crains que le dispositif de la « Grande Sécu » proposé dans un des scénarii du Hcaam ne soit pas totalement écarté. On va tout droit vers un dispositif NHS (National Health Service) où le régime obligatoire étatisé et très présent et en complémentarité ou non d’un monde d’acteurs privés qui viennent combler les lacunes du premier car ne nous voilons pas la face la décision politique du « quoi qu’il en compte » a eu pour conséquence d’aggraver finale la situation de la CADES alors que la gestion de la crise devait être une dette d’état démontrant ainsi la difficulté de ce dernier en termes de gestion. Mon souci reste entier quand le rôle des uns et des autres n’est pas clairement identifié, que cela soit pour le RO, le RC et l’Etat.

👉 On vous décrit comme un homme ambitieux, attachant, cultivé, très professionnel...un peu cabotin sur les bords... Vous reconnaissez-vous dans ce portrait ?

Sur ce point je laisse le soin à chacun de se faire une idée, mais si c’est négatif surtout ne me le dites pas je pourrai me vexer.


👉 Il n'y a pas qu'une vie dans la vie... À quoi pensez-vous en vous rasant le matin ? 

Et bien déjà je ne me rase pas tous les matins ce qui a pour avantage de ne pas y penser trop souvent mais plus j’avance en âge plus je me dis que la vie n’est pas un test. Mais aujourd’hui on est tellement bombardé de textes, de phrases clamées par des prophètes « des jours heureux » qu’ils perdent en profondeur. Alors quand je me rase j’essaye déjà de ne pas me couper ce qui n’est déjà pas si mal.

👉 L'homme  que vous êtes aujourd'hui a-t-il réalisé ses rêves d'enfant ?

J’aimerai, si possible, réaliser ceux de mes enfants sans considérer que ce soit les miens par procuration, du moins je l’espère. Après cela je suis resté un « grand enfant » alors je me mets à rêver que je pourrai être plus sportif, m’inscrire à des trails de dingos et je ne sais quoi d’autres. Mais c’est beau de rêver, d’être un peu la tête dans les nuages, c’est en tous les cas très apaisant.

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Propos recueillis par Nora Ansell-Salles Legrand