mercredi 3 février 2016

Pharmacovigilance des vaccins En France

Pharmacovigilance des vaccins
En France
 
Jean-Louis MONTASTRUC
 Chef du service de pharmacologie médicale et clinique du CHU de Toulouse
Membre de l'Académie nationale de médecine





Les vaccins sont des médicaments. Comme tous les médicaments, ils sont soumis à des tests pré-cliniques puis à des essais cliniques. Ces essais cliniques, indispensables, restent malheureusement toujours insuffisants en raison, par exemple, d’un suivi obligatoirement trop court, d’un nombre insuffisant et d’une non représentativité obligatoire des sujets inclus. C’est, encore une fois, souligner l’intérêt, pour les malades et pour leurs médecins, d’un suivi après l’AMM de PharmacoVigilance. La sécurité des vaccins nécessite donc une évaluation rigoureuse en vie réelle. La PharmacoVigilance des vaccins repose d’abord, comme pour tous les autres médicaments, sur la notification spontanée des effets indésirables médicaments aux Centres Régionaux de PharmacoVigilance. Leur analyse pharmacologique et médicale permet de préciser leurs caractéristiques cliniques, leur « gravité » et de discuter leur causalité (imputabilité). Il faut insister sur le fait que la notification spontanée reste, encore et toujours, la seule méthode permettant une alerte précoce avec la mise en évidence d’un signal. En matière de PharmacoVigilance des vaccins, on a aussi recours, à côté de la simple déclaration spontanée, au suivi intensif avec notifications encouragées et sollicitées, comme ce fut le cas pour le vaccin H1N1. Les méthodes de Pharmacoépidémiologie s’utilisent secondairement pour confirmer ou infirmer un signal de PharmacoVigilance soulevé par la notification spontanée. Plus qu’ailleurs, ces études sont aussi indispensables pour quantifier le risque à l’échelon populationnel. Selon la question posée, il peut s’agir de suivis de cohortes, d’enquêtes cas-témoin ou d’analyses de type « data mining » (« fouillage de données » dans les bases de données). L’application de ces méthodes dans le champ des vaccins s’avère parfois délicate, notamment en ce qui concerne le choix des sujets témoins non vaccinés. On peut aussi utiliser les schémas auto-contrôlés (études cas-propre témoins). La question de la sécurité des vaccins reste primordiale : il s’agit de médicaments tout-à-fait particuliers car administrés à de grandes populations (et parfois à toute la population) de sujets sains, indemnes de toute plainte, symptôme ou maladie. Leur balance bénéfices/risques doit donc s’envisager, non seulement à l’échelon individuel, mais aussi à l’étage populationnel. Leur efficacité sur ces deux plans ne fait plus de doute puisqu’ils ont permis, non seulement la régression, mais aussi la disparition définitive de plusieurs maladies. Ce point, trop souvent oublié, doit être largement rappelé.Contrairement à une idée trop répandue, la PharmacoVigilance n’envisage pas les effets des médicaments d'un point de vue négatif. Elle confronte, dans le seul intérêt des patients et de leurs médecins, les risques des médicaments, démontrés en vie réelle, à leurs bénéfices validés dans les essais cliniques. Pour les vaccins, les bénéfices sont grands et les données de PharmacoVigilance montrent essentiellement des effets indésirables non « graves » et transitoires (réactions locales, fièvre, etc.), les effets « graves » établis des vaccins restant, dans tous les cas, plus qu’exceptionnels. Les craintes formulées par rapport à l’utilisation des adjuvants ne sont nullement étayées à ce jour. Ainsi, l’analyse de ces données pharmacologiques sur les vaccins permet de rappeler l’excellente balance bénéfices risques de cette classe de médicaments, balance bien supérieure à celle de beaucoup d’autres classes médicamenteuses largement utilisées. Ces conclusions doivent être désormais rappelées sans relâche.
Textes de l'ensemble des interventions

Discours de Mme Marisol Touraine, le 2 février 2016

Madame Marisol Touraine ministre des affaires sociales, de la santé et des droits des femmes a ouvert la séance thématique consacrée aux vaccinations, le mardi 2 février. Dans son allocution, elle a  clairement indiqué son désir de mettre en place en 2016 une série  d’actions dont on attend une amélioration de la couverture vaccinale en  France.
Accueil de Madame Marisol Touraine, ministre de la santé 
Madame la Ministre,
Votre venue en ce jour dans notre Académie porte un symbole fort et nous honore. L’Académie de médecine fut instituée en 1820 « pour répondre aux demandes du gouvernement sur tout ce qui intéresse la santé publique et s’occuper de tous les objets d’étude et de recherche qui peuvent contribuer aux progrès des différentes branches de l’art de guérir ». Ces termes qui nous définissent et qui sont repris dans nos récents statuts de 2013 expliquent l’importance de votre présence aujourd’hui en cette enceinte. Mais le symbole se renforce encore par le thème de cette séance et celui de votre action : la vaccination. Vous avez résolument porté cette question au niveau national et vous voici dans cette académie dont une des missions historiques est la vaccination. Que de moments importants se déroulèrent ici, depuis la vaccination antivariolique pratiquée longtemps en ces lieux jusqu’aux discussions sur le vaccin BCG ou sur la vaccination antipoliomyélitique, sous cette coupole.
C’est avec un grand intérêt et avec plaisir, Madame, que mes confrères et moi nous vous accueillons et que nous sommes à l’écoute de vos propos.
Pierre Bégué
Président de l’académie nationale de médecine



Et si l'on arrêtait de vacciner! Intervention Pr François Bricaire




L’hésitation vaccinale: une perspective psychosociologique Intervention Jocelyn RAUDE*




LES ADJUVANTS VACCINAUX Rapport, 26 juin 2012

Pierre Bégué, Marc Girard, Hervé Bazin, Jean-François Bach. Commission VII (maladies infectieuses et médecine tropicale)




PHARMACOVIGILANCE DES VACCINS EN FRANCE Intervention Jean-Louis MONTASTRUC Chef du service de pharmacologie médicale et clinique du CHU de Toulouse




Estimation de l’impact épidémiologiquedes niveaux de couverture vaccinale insuffisants en France Intervention  Daniel Lévy-Bruhl Institut de Veille sanitaire





NDLR :MGEFI ET VACCINS

2 commentaires:

  1. Par Bernard Guennebaud mathématicien

    Il n'y a pas de lien entre vaccination hépatite B et SEP est-il affirmé. Pourtant il est facile de trouver 3 signaux très forts dans les seules données Tardieu sur les enfants (2007 ; 2008).

    Premier signal : 154 ADC chez les vaccinés dont 80 (52%) sont devenus des SEP contre 195 ADC chez les non vaccinés dont 63 (32%) de SEP. A vue le taux de SEP parmi les ADC est significativement beaucoup plus élevé chez les vaccinés. Un calcul le confirme : moins d'une chance sur 10000 d'obtenir un écart aussi important que celui observé. Le vaccin aurait donc pu favoriser l'évolution en SEP.

    Second signal : la moyenne d'âge des ADC non SEP est 7,8 ans contre 11,5 pour les SEP alors que la date retenue est celle de la première atteinte dans les 2 groupes, ce qui les rend comparables. l'écart est énorme (3,7 ans) comparé aux moyennes observées. Ce signal confirme le premier : des enfants qui auraient dû être parmi les ADC non SEP se sont retrouvés dans le groupe SEP, venant grossir ses effectifs et sa moyenne d'âge, ce qui laisse supposer que leur âge était élevé (>12 ans assez souvent).

    Troisième signal : 62 SEP sont apparues dans les 4 ans qui suivent la vaccination contre 12 au cours des 2 années suivantes. C'est un signal avec plusieurs interprétations possibles et non exclusives dont une sous notification de cas chez les vaccinés adolescents.

    Mais le plus important est que ce signal fort disparaît en cas-témoins comme l'ont obtenu les auteurs. La raison mathématique est simple : 476 témoins vaccinés sur les 4 premières années contre 102 les 2 années suivantes alors qu'ils devraient se répartir à peu près à la proportionnelle des durées soit 385 sur 4 ans et 193 sur 2 ans. Cette distribution pas du tout aléatoire est provoquée par le calendrier vaccinal et la campagne spécifique qui conduisirent à vacciner à peu près en même temps les futurs cas et leurs futurs témoins du même âge. Cela interdit en fait d'utiliser le test cas-témoins quand on teste sur des délais (la maladie apparait dans les 4 années qui suivent la vaccination) car les dates de vaccination des cas et témoins associés ne sont plus indépendantes.
    Conséquence : la vingtaine de tests sur des délais et présentés dans la publication Tardieu 2007 sont à rejeter comme absolument pas valides pour cette seule raison.
    L'étude américaine Langer-Gould (octobre 2014) est dans la même situation car tous les tests portent sur des délais. Seuls les délais courts peuvent être acceptables car alors l'aléatoire peut encore jouer. Plus de détails dans mon article:

    http://questionvaccins.canalblog.com/archives/2015/10/31/32861683.html

    RépondreSupprimer
  2. « …une affirmation qui ne supporterait ni critique, ni contestation n’appartiendrait pas au domaine scientifique, mais relèverait d’une démarche dogmatique et sectaire…nous connaissons tous quelques dossiers brûlants…La vaccination constitue l’un de ces dossiers, et non des moindres… et l’on ne peut que s’étonner du peu d’empressement mis par les pouvoirs publics et le corps médical à éclairer l’opinion sur un sujet qui risque de devenir explosif. »
    Professeur Pierre Cornillot, Doyen-fondateur de la Faculté de Médecine de Bobigny (Paris),


    VACCINATION :
    Le rapport bénéfices/risques ne repose pas sur des bases scientifiques !
    « Le rapport bénéfices-risques, sur lequel s’appuient de nombreux auteurs pour dire qu’il faut continuer à vacciner malgré les accidents qu’ils décrivent, n’a jamais été établi, pas plus d’ailleurs que le rapport coût/bénéfice. » Michel Georget

    L’INCERTITUDE DES CONNAISSANCES
    « … Nous ne connaissons pas les fonctions effectrices qui constituent le mécanisme de protection normale contre les infections virales chez l’homme, la production de vaccins reste empirique.
    Il existe toujours le danger d’activer des fonctions effectrices inappropriées, provoquant des maladies plus sévères, et un état immunopathologique. Même si nous connaissions les fonctions effectrices qu’il faut induire, nous ne savons pas encore comment modifier les vaccins de façon à ce qu’ils activent les cellules appropriées. (IMMUNOLOGIE FONDAMENTALE ET APPLIQUEE, Ivan Roitt, Johan Brostoff, David Male, p.16.2, 2ème éd.

    RépondreSupprimer