C'EST À LIRE : STOP AU HARO SUR LA MUTUALITE ! par Alain Arnaud
La Lettre mensuelle du CIRIEC-France (février 2026) Page 2
Edito
STOP AU HARO SUR LA MUTUALITE !
Alain ARNAUD
Président du CIRIEC-France
Président d’honneur du CIRIEC-International
Président de la Fondation Edgard Milhaud
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Jamais, semble-t-il, un mouvement social tel que la mutualité n’a été aussi malmené depuis plus
de 25 ans. Transformation de ses actions de solidarité en activités concurrentielles d’assurance,
soumission aux contraintes réglementaires européennes liées à ce secteur d’activité, séparation
des gestions des prestations santé et des « œuvres sociales », exigence d’honorabilité et de
compétence pour les dirigeants élus démocratiquement, fiscalisation à l’impôt sur les sociétés
et à la taxe sur les conventions d’assurance, interventions de l’Etat dans l’offre mutualiste,…, on
ne peut pas dire que l’évolution de cette activité à caractère social régie par le code de mutualité
a été un long fleuve tranquille. S’ajoute le contexte général ambiant de dénigrement, parfois
violent, visant le niveau des réserves prudentielles et les frais de gestion des mutuelles, ces
derniers étant abusivement et faussement comparés à ceux de la Sécurité Sociale.
Si malgré tout la mutualité a fait preuve de résilience et s’est adaptée aux évolutions, elle ne
parvient pas à se maintenir hors du piège infernal de la banalisation qui, lentement mais
surement, s’est refermé sur elle au fil du temps, mettant en péril sa vocation originelle.
Liberté d’adhésion, représentation des bénéficiaires, vie démocratique, souveraineté des
assemblées générales pour décider des prestations et des cotisations, prises en charge
solidaires, constituent les critères fondamentaux que doivent respecter les mutuelles régies par
la loi sur la mutualité. Or, cette spécificité du modèle mutualiste a été battue en brèche par le
règne du couple marché-concurrence dominant en Europe, censé protéger le citoyen
consommateur, mais qui en réalité détruit les systèmes de solidarité volontaire. En effet solidarité
mutualiste et nomadisme concurrentiel ne se conjuguent pas, à plus forte raison quand la
concurrence est encouragée par les pouvoirs publics pour, soi-disant, faire baisser les tarifs !
La généralisation des contrats collectifs obligatoires en entreprise depuis 2013, puis dans les
fonctions publiques aujourd’hui, n’ont fait qu’accroître la banalisation des mutuelles dites
« mutuelles 45 » considérées comme des acteurs assurantiels comme les autres, et accentuer
les atteintes portées aux principes démocratiques et solidaires du mouvement mutualiste.

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