Réflexions sur la Mutualité
Réflexions sur la Mutualité sous la plume de :
🖋Jacky Lesueur
Ancien responsable mutualiste
Un grand merci à Jacky Lesueur, fidèle lecteur & contributeur régulier des Veilles et du blog "Mine d'Infos".
Puisse ce regard "éclairé" faire réfléchir au-delà des apparences...
N'hésitez pas à commenter.
Amitiés mutualistes
Nora ANSELL-SALLES LEGRAND
Le paysage mutualiste a beaucoup évolué ces dernières années et la réforme du financement de la
PSC (Protection sociale complémentaire) des fonctionnaires a sérieusement bousculé les choses
avec le processus des appels d’offres qui y était lié.
Le résultat de ceux-ci avec l’attribution dans plusieurs ministères des marchés à Alan (start up alimentée par des capitaux divers et qui vient de procéder à une nouvelle levée de fonds de près de
500 M d’euros auprès d’un groupe d’investissement néerlandais) dans des conditions qui interrogent
encore , remet sérieusement en cause le lien social et les principes démocratiques que les mutuelles
professionnelles historiques avaient pu tisser au fil des années .
Il en est ainsi, entre autres, au Ministère des Finances où la société Alan s’est vue retenue au détriment de la MGEFI, avec bien évidemment de lourdes conséquences sur son organisation et son fonctionnement compte tenu de l’obligation obligatoire des actifs près de la moitié de ses effectifs)
au 1er janvier vers Alan
Fort heureusement, la Mgéfi, qui avait intégré il y a qq temps déjà la Sgam Matmut au regard des valeurs partagées, a pu mener à bien un processus de rapprochement avec la Mutuelle Ociane
Matmut pour créér ensemble une nouvelle mutuelle
(MSP : Matmut santé Prévoyance)
Elle permettra ainsi de poursuivre le développement du groupe auprès des agents de toutes les
fonctions publiques et auprès des individuels actifs et retraités, des entreprises de toute taille, des
professionnels, des TNS…en créant de nombreuses synergies.
Au-delà, parmi les interrogations légitimes que l’on peut se poser, force est de constater que cette réforme de la PSC -qui visait initialement à améliorer la participation financière des employeurs
publics- est loin de traduire les véritables revendications exprimées par les agents publics et leurs organisations syndicales, et sa mise en œuvre est loin de rassurer sur les réels bénéfices qu’elle apporte. En effet, alors que les adhérents de la MGEFI , avec un interlocuteur unique, bénéficiaient d’une
couverture santé, prévoyance et d’un véritable dispositif d’action sociale, les choses se sont
désormais bien complexifiées, le Ministère des Finances ayant découplé santé et prévoyance (gérée
désormais par la GMF dans des conditions plutôt « laborieuses » que les agents ont déjà pu
« apprécié »)
Par ailleurs, avec le service numérisé d’Alan, plus de véritables contacts directs et apparemment pour
les dossiers un peu complexes …pas si simple de pouvoir discuter avec un véritable interlocuteur à
l’écoute!
Il n’est peut être inutile de rappeler également que , contrairement à Alan qui devra bien se
préoccuper à un moment des retours financiers que ses investisseurs sont en droit d’attendre , les
structures mutualistes et la Mgefi en particulier n’avaient pas dans ses préoccupations la rémunération d’actionnaires.
Par ailleurs, la Mgéfi (avec la Masfip, sa mutuelle d’action sociale)disposait d’un important réseau de proximité avec des militants bénévoles à l’écoute du terrain et des structures locales et
nationales élues démocratiquement qui permettaient la tenue d’Assemblées générales annuelles , lieux d’échanges et de décisions où les élus rendaient des comptes à leurs adhérents .
Par ailleurs des conseillers nationaux tenaient régulièrement des permanences locales pour apporter
aux adhérents les réponses à leurs questions et le soutien nécessaire dans le traitement de leurs dossiers particuliers.
Avec l’attribution à Alan du volet Santé, on sera, à l’évidence, aux antipodes de cette approche des
choses, et nous assisteront au bout du compte à un sérieux détricotage des relations sociales et des
solidarités construites avec les mutuelles professionnelles qui n’avaient pas de prix !
Au-delà , dans le contexte social particulièrement dégradé que nous connaissons tant dans la
Fonction Publique qu’au niveau général , on est en droit d’être sérieusement préoccupés par ces
évolutions !
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