mercredi 16 novembre 2016

Le coup de griffe de la semaine de Jacques Draussin

Si vous ne visualisez pas correctement ce message, cliquez ICI pour accéder à la version en ligne

Infolettre n° 232
mardi 15 novembre 2016
Contact : Jacques DRAUSSIN jacques.draussin@biensur-sante.com

Trump, tireur d’élites
Si l’on peut déplorer en France que la santé soit totalement absente des discours de campagne électorale, le sujet a incontestablement joué un rôle dans la bataille présidentielle aux USA.
Trop complexe à mettre en œuvre, la réforme de la couverture santé est apparue comme une épine dans le pied d’Hillary Clinton, d’autant plus handicapante qu’une hausse de 25% des polices d’assurance introduites par Barack Obama a été annoncée moins de 2 semaines avant le vote.
La concomitance avec la relance de l’affaire des e-mails a probablement joué en faveur du candidat républicain [d’autant que l’Obamacare est loin de faire l’unanimité dans le camp démocrate].
Même mal fagoté, l’Obamacare a pourtant permis aux Etats-Unis de compter un niveau historiquement bas de non-assurés et ses 11 millions de bénéficiaires ne peuvent pas être traités comme quantité négligeable par le futur locataire de la Maison Blanche.
D’où la spectaculaire volte face de Donald Trump qui s’est empressé de revenir sur ce qui avait été l’un des points forts de sa campagne, l’abrogation de « l’Affordable Care Act », au profit d’une simple révision. Une réforme de la réforme en quelque sorte ; on est loin du Grand Soir.
De notre côté de l’Atlantique où la désolation du triomphe populiste a vite fait place à la célébration du verdict populaire, on salue avec bienveillance ce revirement post-campagne. Media et politiciens français qualifient volontiers de pragmatisme là-bas ce que l’on désignerait impitoyablement ici de trahison.
En l’occurrence, on aurait tort de s’en plaindre : le spectre de la chasse aux homos ou aux musulmans s’éloigne aussi avant la prestation de serment. Même le mur frontière avec le Mexique prend une tournure plus virtuelle. Hélas, il semble que ce soudain accès de modération ne doive pas s’appliquer à l’avortement qui demeure la seule véritable bête noire d’un Donald Trump plus pro-life que jamais.
Tel quel, le système de couverture santé imaginé par Barack Obama à coups de polices d’assurance subventionnées par l’Etat devrait faire long feu mais deux de ses dispositions majeures pourraient être conservées : l’interdiction pour les assureurs de refuser un client à cause de son état de santé et l’étendue dans le temps de la protection des enfants des bénéficiaires.
Le milliardaire pourfendeur autoproclamé du happy few serait-il déjà rentré dans le rang ? Prudence, il n’est sans doute pas passé du jour au lendemain de la position du tireur d’élites à celle du tireur couché...
Jacques DRAUSSIN
> La pleine lune n’y est pour rien. On cherchait vainement hier à apercevoir entre les nuages l’extra super pleine lune annoncée mais les traditionnelles superstitions liées au cycle satellitaire ont, elles, fait une apparition bien plus visible. Le milieu médical, que l’on prend pour rationnel, est d’ailleurs un grand pourvoyeur de légendes : naissances et fausses-couches plus nombreuses, flambée de suicides, etc. Les résultats des nombreuses études scientifiques menées sur le sujet n’y font rien et les nuits de pleine lune, mê me pas d’extra super pleine lune, continuent d’entretenir les fantasmes. Et d’inspirer les poètes : tout cela n’est donc pas inutile.
> Cancer de la prostate : dépister ou pas ? Alors que le cancer de la prostate est devenu le plus fréquent chez l’homme depuis deux décennies, le Bulletin Epidémiologique Hebdomadaire s’interroge aujourd’hui sur l’opportunité du dépistage face aux risques de sur-diagnostic et de sur-traitement. Dans le collimateur, le dosage du PSA (Prostate-specific Antigen).
> Un vaccin contre la bronchiolite à l’étude. Chaque année, 30% des enfants de moins de deux ans sont touchés par la bronchiolite. Les chercheurs du Centre de vaccinologie Cochin-Pasteur pensent avoir mis au point un vaccin qui reste cependant à tester. Administré aux femmes enceintes, le vaccin provoquerait la production d’anticorps transmis au bébé à travers le placenta en fin de grossesse.

Pour vous désinscrire, cliquez ici !

Aucun commentaire:

Publier un commentaire