⚖đ ECOCIDE, un outil juridique pour la paix et les droits humains
đ AVANT PROPOS :
XVIII WORLD SCIENTIFIC CONGRESS DE PARIS qui s'est tenu du 18 au 21 septembre derniers.
đĄCOUP DE PROJECTEUR SUR LA PRĂSENTATION DE : Sylvie Marie-Claude ETTIEN
Présidente de l'Ong
Internationale Smile Africa Présidente du parti politique Ensemble pour le ProgrÚs Ivoirien EPI.
• ECOCIDE
est un nĂ©ologisme formĂ© du grec oikos, « maison », « l’habitat », et du suffixe latin -cide, dĂ©rivĂ© de caedere, « tuer », « dĂ©truire ».
C’est un outil juridique puissant qui relie la protection de
l’environnement aux droits humains en criminalisant la destruction massive et durable des Ă©cosystĂšmes dont dĂ©pend la vie.
đą ACTIONS CRIMINELLES
• Cette notion est pour la premiĂšre fois employĂ©e par le botaniste amĂ©ricain Arthur W. Galston dans une confĂ©rence de 1970 (War Crimes and the
American conscience, commission Technology and American Power), Ă propos de
l‘utilisation massive d’herbicide par l’armĂ©e des Ătats-Unis pendant la guerre du Vietnam (1955 – 1975), dans le cadre de l’opĂ©ration Ranch Hand (1961).
• (71,9 millions de litres environ) de diffĂ©rents herbicides et dĂ©foliants chimiques
(le plus cĂ©lĂšbre Ă©tant l‘Agent orange( la dioxine), mais on trouvait aussi de l’Agent bleu, contenant de l’arsenic), avait eu pour but de dĂ©truire les forĂȘts
vietnamiennes et les cultures (de riz) permettant aux combattants viĂȘt cong de se cacher et de se nourrir pour poursuivre leur guĂ©rilla au ViĂȘt Nam du Sud.
• Ce qui a profondĂ©ment et durablement polluĂ© la terre ,l’eau ,la vegetation et jusqu’aujourd’hui touche de million de Vietnamiens.
• La « guerre herbicide » (herbicidal warfare) avait l’avantage, aux yeux des Ătats-
Unis, d’ĂȘtre peu coĂ»teuse et de limiter le nombre de soldats engagĂ©s sur le terrain.
• Selon Galston, un Ătat, les Ătats-Unis, en se livrant Ă cette guerre
chimique au Vietnam, s’est rendu coupable d’un crime Ă l’encontre
d’une autre nation, un crime d’Ă©cocide, dĂ©fini comme :
« la destruction intentionnelle et permanente de l’environnement
dans lequel un peuple peut vivre de la maniĂšre de son choix »
đą ACTIONS CRIMINELLES
• En aoĂ»t 2006, le dĂ©versement de 500 tonnes de boues toxiques par le navire Probo Koala Ă Abidjan a provoquĂ© une grave catastrophe sanitaire et
environnementale .
• Les impacts sanitaires
Crise sanitaire aiguë : 15 à 17 décÚs officiels et plus de 100 000 consultations médicales recensées.
SymptÎmes immédiats : Des milliers de personnes ont souffert de troubles
respiratoires, de nausĂ©es, de maux de tĂȘte et de brĂ»lures cutanĂ©es ou
oculaires dus à l'hydrogÚne sulfuré et aux émanations toxiques
Les impacts sociaux et économiques
• Peur et perturbation : Destruction de cultures et arrĂȘt d'activitĂ©s Ă©conomiques autour des zones touchĂ©es.
đą LES LIMITES PLANĂTAIRES FRANCHIES
Les limites planétaires sont des valeurs seuils, neuf(9) processus et systÚmes régulant la stabilité et la résilience du systÚme terrestre.
Les interactions de la terre, de l’ocĂ©an, de l’atmosphĂšre et de la vie qui, ensemble, garantissent Ă l’HumanitĂ© l’existence d’un Ă©cosystĂšme sĂ»r et stable.
TrĂšs concrĂštement en janvier 2015, la planĂšte a franchi le seuil de 4 de ses 9 limites Ă©tablies par l’Ă©quipe scientifique de Johan Rockström en 2009, au delĂ desquelles l’existence humaine pourrait se retrouver menacĂ©e.
• 1Ăšre limite franchie : Le Changement climatique
Au 19e siĂšcle, le taux de CO2 contenu dans l’atmosphĂšre = 280 ppm(parti par million) Seuil Ă ne pas franchir pour rester en deçà de 2° d’ici Ă 2100 : 350
ppm Aujourd’hui nous dĂ©passons les 417 ppm !
• 2e limite franchie : L’intĂ©gritĂ© de la biosphĂšre (perte de biodiversitĂ© et extinctions) Depuis 1970, ce sont au moins 68 % des animaux sauvages
dans le monde qui ont disparu.
• L’OcĂ©an se meurt; En 2050, il y aura en poids autant de plastique que de poissons dans l’OcĂ©an. Si le dĂ©clin de la biodiversitĂ© s’accĂ©lĂšre Ă ce rythme, il n’y aura presque plus d’espĂšces de poissons ou de fruits de mer Ă
consommer en 2048.
L’intĂ©gritĂ© de la biosphĂšre est aussi Ă©rodĂ©e par la perte des fonctions Ă©cologiques; L’extraction pĂ©troliĂšre est aussi en cause par la destruction des milieux naturels et la pollution de l’eau et des sols, l’extraction miniĂšre et ses pollutions chimiques avec des catastrophes comme le Rio Doce au BrĂ©sil en 2015, un fleuve totalement mort aujourd’hui et des peuples dĂ©munis.
Et enfin la déforestation
• 3e Limite franchie : la modification d’usage des sols
80% de la couverture forestiÚre mondiale originelle a été abattue ou dégradée, essentiellement au
cours des 30 derniÚres années. La terre est convertie à l'usage humain sur toute la planÚte. Les
forĂȘts, les prairies, les zones humides et d’autres types de vĂ©gĂ©tation ont principalement Ă©tĂ© convertis en terres agricoles. Ce changement d'affectation des sols est l'un des moteurs des
réductions importantes de la biodiversité et a des répercussions sur les débits d'eau et sur le cycle
biogĂ©ochimique du carbone, de l'azote et du phosphore et d'autres Ă©lĂ©ments importants. Les chercheurs estiment ainsi qu’il faudrait conserver 75 % de couvert forestier dans les zones
auparavant forestiÚres ; au niveau mondial, le taux moyen actuel est estimé à tout juste un peu plus
de 60 %. Boucle de rĂ©troaction climat et biodiversitĂ©… Le reboisement par monocultures ne peut rĂ©soudre le problĂšme.
• 4e limite franchie : Les flux de phosphore et d’azote fixer des limites d’usages d’engrais
Cette course aux terres arables cache un autre enjeu: la perturbation des cycles de l’azote
et du phosphore, qui assurent la fertilité des sols agricoles.
Les activités humaines convertissent maintenant plus d'azote atmosphérique en formes
réactives que tous les processus terrestres de la Terre combinés.
Une grande partie de ce nouvel azote réactif est rejeté dans l'atmosphÚre sous différentes
formes plutÎt que absorbée par les cultures. Lorsqu'il pleut, il pollue les voies navigables et
les zones cĂŽtiĂšres ou s'accumule dans la biosphĂšre terrestre. De mĂȘme, les plantes absorbent une proportion relativement faible d’engrais phosphorĂ© utilisĂ©s dans les systĂšmes de production alimentaire. une grande partie du phosphore mobilisĂ© par
l'homme se retrouve également dans les systÚmes aquatiques, par les déjections animales
des grandes zones d’Ă©levage hors sol, ou l’Ă©rosion des terres agricoles chargĂ©es d’engrais
phosphatĂ©s en excĂšs partout. La teneurs en nitrate et phosphate dans les sols et dans l’eau
acidifient les cours d’eau (eutrophisation) et les estuaires (algues vertes). A noter le cercle
vicieux : biocides (pesticides, fongicides…) > mort des sols car mort de la faune et de la
flore autre que culture souhaitĂ©e > ajout d’engrais chimiques ….
Les limites planétaires franchies Impacts des CC : sur la Sécurité la paix
đą LES IMPACTS DES CC : SUR LA SĂCURITĂ LA PAIX
• Les impacts du changement climatique peuvent exacerber les
problĂšmes de sĂ©curitĂ© nationale et augmenter le nombre de conflits internationaux. Les conflits ont souvent pour origine l’utilisation de ressources naturelles, de terres fertiles et d’eau dont les quantitĂ©s
sont dĂ©jĂ limitĂ©es. La modification des pĂ©riodes et de l’intensitĂ© des prĂ©cipitations menace toutefois la disponibilitĂ© en eau, une ressource
limitĂ©e aujourd’hui Ă l’origine de conflits (GIEC, 2014).
đą RECONNAĂTRE LE CRIME DE L’ ECOCIDE
Commerce illĂ©gal du bois, Ă©puisement des ressources en eau, violations des lĂ©gislations sur les substances chimiques, pollution causĂ©e par les navires, incendies de forĂȘt, pollution gĂ©nĂ©ralisĂ©e de l'air, de l'eau et du sol... Toutes ces infractions pĂ©nales s'apparentent dĂ©sormais Ă un Ă©cocide.
Peuples et sociĂ©tĂ©s sont dĂ©possĂ©dĂ©s de leurs moyens d’existence Ă travers le monde par la destruction de leur environnement.
D’ores et dĂ©jĂ , les dĂ©rĂšglements en cours attisent injustices et tensions gĂ©opolitiques tandis que les saccageurs de la planĂšte restent impunis.
LES DROITS HUMAINS - eau, alimentation, habitat, santĂ© - NE PEUVENT PLUS ĂTRE PROTEGES.
Face Ă la gravitĂ© des menaces qui pĂšsent sur la Paix et la sĂ©curitĂ© humaine, il faut que la justice pĂ©nale, nationale, et internationale soit en capacitĂ© de nommer des responsables physiques des atteintes les plus graves Ă l’environnement quand il peut ĂȘtre dĂ©montrĂ© qu’ils ont agi en connaissance des consĂ©quences de leurs activitĂ©s et dĂ©cisions.
Face Ă cet Ă©cocide, comment repenser les droits de l’homme ?
đą ReconnaĂźtre le crime d’Ă©cocide comme 5e crime contre la Paix et la sĂ©curitĂ© humaine
Face à la gravité des menaces qui pÚsent sur la Paix et la sécurité humaine, il faut
que la justice pénale, nationale, et internationale soit en capacité de nommer des
responsables physiques des atteintes les plus graves Ă l’environnement quand il
peut ĂȘtre dĂ©montrĂ© qu’ils ont agi en connaissance des consĂ©quences de leurs
activités et décisions.
LES DROITS HUMAINS - eau, alimentation, habitat, santĂ© - NE PEUVENT PLUS ĂTRE
PROTĂGĂS.
Les limites planĂ©taires sont un outil qui peut permettre Ă l’instruction de
dĂ©terminer quand une activitĂ© ou une dĂ©cision industrielle constitue une menace Ă
la sûreté de la planÚte.
Le principe de prĂ©caution, tel que posĂ© par l’Article 15 de la DĂ©claration de Rio Ă l’issue du Sommet de la Terre de 1992, doit devenir contraignant afin de permettre au juge d’agir prĂ©ventivement. Il permettrait de stopper des activitĂ©s industrielles susceptibles d’ĂȘtre Ă©cocidaires, ceci par le biais de mesures conservatoires.
Propos recueillis par Nora ANSELL-SALLES LEGRAND
Ndlr : un compte-rendu de ce congrĂšs sera prochainement mis en ligne sur cette page dĂšs sa publication.

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