À propos de la baisse des remboursements dentaires

Nos dents ne sont pas une affaire de confort : leur état pèse directement sur notre santé générale. 

Or le geste qui les protège — le brossage — reste massivement négligé. 
Non par manque d'information, mais par défaut d'observance : cette capacité à mettre vraiment en pratique, dans la durée, ce que l'on sait déjà. La solution n'est pas de culpabiliser davantage, mais de réinventer le rituel lui-même.
Longtemps, on a traité la bouche comme un territoire à part, séparé du reste du corps. C'est faux. La santé bucco-dentaire est une porte d'entrée vers la santé générale : les maladies parodontales sont associées à un risque accru de maladies cardiovasculaires, entretiennent un lien à double sens avec le diabète — chacune aggravant l'autre — et sont reliées à des complications de la grossesse, comme l'accouchement prématuré. 
Une bouche mal entretenue,
ce n'est pas seulement une carie de plus : c'est un facteur de risque pour l'organisme tout entier.
Et cela a un prix — que nous payons tous. Les maladies parodontales touchent
déjà 19,4 millions de Français, soit plus d'un adulte sur trois. Leur principal déclencheur, c'est la plaque dentaire — que seul un brossage régulier et efficace élimine. Elles coûtent à elles seules près de 807 millions d'euros par an à l'Assurance maladie, via les pathologies qu'elles aggravent : diabète,maladies cardiovasculaires, maladies rénales (étude Asterès pour l'Association dentaire française, 2023). Une facture en grande partie évitable. Or notre
système fait l'inverse de ce que dicterait le bon sens : il finance à prix d'or la réparation — couronnes, implants, prothèses — mais quasiment jamais le
geste quotidien qui l'aurait rendue inutile. Pour nos dents, nous payons la réparation, jamais la révision. Comble du paradoxe : la brosse à dents elle-même n'a, au regard de la réglementation, aucun statut sanitaire. Ni
médicament, ni dispositif médical — un simple produit de consommation courante, pas davantage considéré comme un objet de santé qu'un rouleau
de papier toilette.

PHILIPPE VERAN, FONDATEUR ET PDG DU GROUPE BIOTECH DENTAL
BENJAMIN COHEN, VP CONSUMERS & PATIENTS, BIOTECH DENTAL
Pour nos dents, la France paie la
réparation, jamais la révision

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