PPA-CI : le « partage des pouvoirs » de Gbagbo, ou l’art de garder la main tout en paraissant s’effacer...
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Bonne lecture
Nora ANSELL-SALLES LEGRAND Rédacteur en chef des Veilles Mine d'Infos
Abidjan, 10 août 2026. Laurent Gbagbo vient de poser un nouvel acte dans la réorganisation du Parti des peuples africains – Côte d’Ivoire (PPA-CI).
À travers un communiqué en cinq points, le président du parti, désormais présenté comme
« Référent politique », annonce une redistribution des responsabilités au sommet de la formation politique. Le geste se veut moderne, institutionnel et collégial.
Il est question de complémentarité, d’unité dans l’action et de responsabilités partagées. Mais, en politique, les mots ont souvent plusieurs vies.
Derrière l’affichage d’un pouvoir mieux distribué, une interrogation s’impose : Laurent Gbagbo est-il véritablement en train de se retirer de la gestion du parti ou organise-t-il plutôt une délégation maîtrisée des responsabilités tout en conservant les leviers essentiels ?
Le président du PPA-CI avait pourtant annoncé, le 16 mai dernier à Songon-M’Bratté, son intention de ne plus assurer personnellement la gestion quotidienne de son parti.
Le communiqué du 10 août semble donner corps à cette annonce.
Cinq personnalités sont désormais investies de responsabilités précises.
Sur le papier, le mouvement paraît clair : passer d’une organisation fortement structurée autour de la présence quotidienne de son fondateur à une organisation davantage collégiale, dans laquelle plusieurs responsables assument des fonctions distinctes.
Mais une lecture politique plus attentive invite à regarder au-delà des titres. Car dans une organisation politique, le véritable pouvoir ne se mesure pas seulement au nombre de responsabilités distribuées, mais à la nature des prérogatives confiées et à l’autonomie dont disposent ceux qui les exercent.
Assoa Adou, nommé premier vice-président chargé de la ligne du parti et délégataire du respect des Statuts et du Règlement intérieur, reçoit une mission particulièrement sensible. Il devient, en quelque sorte, le gardien de l’orthodoxie interne. Dans une formation politique où la discipline, la fidélité à la ligne et le respect des textes constituent des enjeux permanents, celui qui veille au respect des règles dispose d’un pouvoir discret mais considérable. Son rôle ne se limite pas à rappeler les dispositions statutaires. Il consiste aussi à préserver la cohérence politique de l’organisation et, au besoin, à rappeler les cadres à leurs obligations. C’est un poste de contrôle interne, moins spectaculaire qu’une fonction de porte-parole, mais potentiellement beaucoup plus déterminant dans la gestion des équilibres.
Hubert Oulaye, deuxième vice-président, est appelé à présider les réunions du Comité central. Là encore, le choix n’est pas anodin. Le Comité central constitue une instance essentielle de la vie du parti, un espace où se confrontent les analyses, les sensibilités et les orientations. Celui qui conduit ses réunions n’est pas seulement un organisateur de séances. Il contribue à donner le rythme du débat interne, à ordonner les priorités et à favoriser ou contenir l’expression des différentes positions. Dans une formation politique appelée à gérer les différences de générations, de tempéraments et parfois de stratégies, la maîtrise du débat interne constitue une responsabilité politique majeure.
Ackah Emmanuel, troisième vice-président chargé des relations avec les institutions nationales, reçoit quant à lui une mission d’interface. Il est appelé à porter la relation du PPA-CI avec l’environnement institutionnel national. Dans le contexte politique ivoirien, cette responsabilité revêt une importance particulière. Un parti d’opposition doit savoir défendre ses positions, interpeller le pouvoir, dialoguer avec les institutions et préserver des espaces de négociation sans perdre son identité politique. Celui qui occupe cette fonction devient donc un intermédiaire stratégique entre le parti et les institutions de la République. Cette délégation permet aussi à Laurent Gbagbo de ne pas être nécessairement en première ligne sur chaque dossier institutionnel.
Justin Koné Katinan, quatrième vice-président chargé de la politique générale et du Programme de gouvernement, reçoit sans doute l’une des missions les plus directement liées à la perspective de conquête du pouvoir. Ancien ministre et compagnon historique de Laurent Gbagbo, il connaît les arcanes du pouvoir comme celles de l’opposition. Lui confier la responsabilité du programme revient à lui donner une place centrale dans la transformation du discours politique du PPA-CI en une véritable offre de gouvernement. Il ne s’agit plus seulement de défendre un bilan ou une mémoire politique. Il faut désormais proposer une vision, des politiques publiques, des réponses concrètes aux préoccupations des Ivoiriens. À travers cette responsabilité, Katinan se retrouve donc au cœur de la préparation de l’avenir politique du parti.
Dano Djédjé Sébastien, enfin, reçoit une fonction particulièrement transversale. Nommé président du Conseil stratégique et politique, avec délégation de la direction générale et de la supervision, il se voit confier une mission qui dépasse un secteur particulier. Il est appelé à coordonner, superviser et articuler les différents domaines de responsabilité. Dans la nouvelle architecture, son poste apparaît ainsi comme l’un des plus proches d’une fonction de coordination générale. Il pourrait devenir le point d’équilibre entre les différentes composantes du dispositif et, surtout, l’un des principaux instruments de la gestion quotidienne du parti.
Mais c’est précisément ici que commence la véritable lecture politique du communiqué. Laurent Gbagbo ne disparaît nullement de l’équation. Il demeure président du parti et « Référent politique ». Cette appellation n’est pas une simple formule protocolaire. Elle consacre sa position de référence historique et politique. Elle lui permet de sortir de la gestion quotidienne sans sortir du centre du dispositif. Le communiqué insiste sur la collégialité et affirme que « la force du Parti ne saurait résider dans un homme seul ». La formule est politiquement habile. Elle permet au fondateur de reconnaître la nécessité du collectif tout en conservant la fonction d’incarnation et d’arbitrage qui est la sienne.
Il faut ici distinguer deux notions : la gestion quotidienne et l’autorité politique. Laurent Gbagbo semble accepter de déléguer la première sans abandonner la seconde. Les responsabilités sont distribuées, mais le cadre général demeure défini autour de la figure du référent politique. En d’autres termes, le pouvoir opérationnel est davantage partagé, tandis que l’autorité politique ultime reste attachée au président du parti. C’est toute la subtilité de l’opération.
Pour autant, réduire cette réforme à une simple manœuvre de contrôle serait trop facile. Il existe une autre lecture, plus positive, qui mérite d’être considérée. Selon celle-ci, Laurent Gbagbo serait précisément en train d’engager une transformation importante du PPA-CI : passer progressivement d’un parti fortement personnalisé à un parti davantage institutionnalisé. La différence est fondamentale. Un parti personnalisé dépend essentiellement de son chef. Un parti institutionnalisé repose davantage sur des fonctions, des règles, des procédures et des responsabilités réparties entre plusieurs acteurs.
Sous cet angle, la nouvelle organisation peut apparaître comme une première expérience de démocratie participative interne. Il ne s’agit évidemment pas d’une démocratie directe dans laquelle les militants voteraient sur chaque décision. Il s’agit plutôt de reconnaître que la conduite d’un parti ne peut reposer durablement sur une seule personne. Assoa Adou, Hubert Oulaye, Ackah Emmanuel, Justin Koné Katinan et Dano Djédjé Sébastien deviennent ainsi les détenteurs de responsabilités identifiées, avec des domaines d’intervention qui leur permettent potentiellement de participer davantage à la conduite collective du parti.
Cette évolution pourrait d’ailleurs répondre à un impératif qui dépasse le seul PPA-CI. La politique ivoirienne a souvent été marquée par la personnalisation des formations politiques autour de leurs fondateurs. Or cette personnalisation produit fréquemment les mêmes difficultés : succession mal préparée, rivalités internes, conflits de légitimité, compétition prématurée entre héritiers et fragmentation après le départ du leader historique.
En distribuant progressivement les responsabilités, Laurent Gbagbo pourrait donc chercher à éviter au PPA-CI le sort de formations qui n’ont pas réussi à survivre politiquement à leur fondateur.
C’est ici que la question de la succession apparaît, même si personne ne prononce officiellement le mot. Lorsqu’un leader historique commence à se retirer de la gestion quotidienne et à organiser méthodiquement la délégation de ses responsabilités, il ne règle pas seulement un problème de fonctionnement. Il prépare nécessairement, d’une manière ou d’une autre, la capacité de son organisation à fonctionner dans un avenir où sa présence sera moins centrale.
La question n’est donc pas forcément de savoir qui succédera demain à Laurent Gbagbo, mais de savoir si le PPA-CI sera capable, demain, de fonctionner sans dépendre entièrement de lui.
La véritable épreuve commencera cependant lorsque les intérêts, les ambitions et les désaccords se manifesteront. C’est à ce moment-là que l’on saura si les délégations annoncées sont de véritables transferts de responsabilités ou de simples délégations administratives.
Un vice-président pourra-t-il prendre une initiative politiquement sensible sans validation préalable du référent ?
Pourra-t-il arbitrer un conflit interne ? Pourra-t-il défendre une position différente sans être immédiatement suspecté de déviation ? Les instances pourront-elles prendre des décisions qui ne correspondent pas nécessairement à la préférence du président ? C’est dans ces situations concrètes que se mesure la réalité d’une démocratie interne.
Car la collégialité ne se décrète pas. Elle se pratique. Elle suppose l’existence d’un véritable débat, l’acceptation de la contradiction, la reconnaissance de la compétence des autres et, surtout, la capacité du leader à accepter que certaines décisions puissent être prises sans son intervention directe. Une organisation ne devient pas collective parce qu’elle multiplie les titres et les fonctions. Elle le devient lorsque les titulaires de ces fonctions disposent effectivement d’une marge d’action, d’une capacité d’initiative et d’une responsabilité devant les militants et les instances.
Le communiqué du 10 août 2026 se situe donc à la croisée de deux logiques.
La première est celle de la continuité. Laurent Gbagbo demeure la référence historique, politique et symbolique du PPA-CI.
La seconde est celle de l’ouverture organisationnelle. Plusieurs responsables sont désormais appelés à exercer des fonctions clairement définies. Ces deux logiques ne sont pas nécessairement contradictoires. Un leader historique peut conserver son autorité tout en permettant à son parti de devenir plus collectif. Tout dépendra de la réalité des pouvoirs transférés et de la manière dont ils seront exercés.
Au fond, Laurent Gbagbo est confronté à une équation politique que connaissent toutes les grandes figures historiques : comment transformer une légitimité personnelle en institution durable ? Comment préserver l’histoire sans enfermer l’avenir dans cette histoire ? Comment maintenir l’unité sans empêcher la contradiction ? Comment préparer la relève sans déclencher prématurément la bataille de succession ? La nouvelle architecture du PPA-CI peut être interprétée comme une réponse à ces questions.
Les critiques y verront une opération de communication politique sophistiquée : plusieurs responsabilités sont distribuées, plusieurs ambitions trouvent un espace d’expression, mais l’essentiel de l’autorité demeure entre les mains du fondateur.
Les partisans de la réforme y verront au contraire une étape vers un parti plus organisé, plus responsabilisé et capable de fonctionner au-delà de la présence quotidienne de Laurent Gbagbo.
Les deux lectures ne sont d’ailleurs pas forcément incompatibles.
Une réforme peut simultanément renforcer le contrôle du fondateur et préparer l’institutionnalisation du parti.
C’est pourquoi le véritable jugement ne peut être rendu aujourd’hui. Il appartiendra au temps et surtout à la pratique. Le PPA-CI devra démontrer que les délégations ne sont pas seulement des titres, que la collégialité n’est pas seulement un vocabulaire de circonstance et que les responsabilités confiées aux cinq dirigeants correspondent à de véritables pouvoirs d’action.
Pour l’heure, Laurent Gbagbo semble avoir choisi une formule politiquement subtile : se retirer de la gestion quotidienne sans renoncer à la centralité politique ; distribuer les responsabilités sans abandonner l’arbitrage ; encourager la collégialité sans dissoudre la référence historique. Il ne remet donc pas nécessairement les clés de la maison. Il en confie certaines pièces à plusieurs responsables, tout en demeurant celui qui connaît l’architecture générale et conserve le trousseau principal.
Reste maintenant à savoir si ceux qui reçoivent les clés pourront réellement ouvrir les portes qui leur sont confiées. C’est là que se jouera la crédibilité de la réforme. Car le PPA-CI est désormais face à une question qui dépasse largement le communiqué du 10 août : peut-il devenir un parti de responsables sans cesser d’être le parti de Laurent Gbagbo ?
La réponse ne viendra ni des titres, ni des communiqués, ni des déclarations de circonstance. Elle viendra de la capacité des nouveaux responsables à exercer leurs prérogatives, de la liberté du débat interne, de la gestion des ambitions, de l’acceptation de la contradiction et de l’épreuve des décisions difficiles. Si ces conditions sont réunies, la réforme pourrait constituer une véritable étape dans l’institutionnalisation du PPA-CI. Dans le cas contraire, elle restera ce que ses détracteurs redoutent déjà : une nouvelle manière, plus sophistiquée, de maintenir la continuité du leadership tout en donnant au parti les apparences d’un pouvoir partagé.
Le
🖊Avis sur la réorganisation de la direction du PPA-CI : transition, partage du pouvoir et leçons politiques
La décision de Laurent Gbagbo de déléguer une partie de ses pouvoirs à cinq personnalités du PPA-CI constitue incontestablement un tournant dans l'organisation du parti. Elle mérite cependant d'être analysée avec beaucoup de recul, car il serait aussi imprudent d'y voir immédiatement l'annonce d'un départ prochain de Laurent Gbagbo qu'il serait naïf de considérer cette réorganisation comme une simple redistribution administrative des responsabilités.
Le premier élément à retenir est que cette décision n'est pas totalement nouvelle. Dès mai 2026, après sa reconduction à la tête du PPA-CI lors du premier congrès ordinaire, Laurent Gbagbo avait annoncé son intention de déléguer une partie de ses pouvoirs, tout en prenant soin de préciser qu'il ne parlait pas de la désignation d'un successeur. La nouveauté actuelle réside donc davantage dans la concrétisation et l'ampleur de cette délégation.
À mon avis, il faut voir dans cette évolution une volonté de faire passer progressivement le PPA-CI d'une organisation fortement incarnée par son président à une organisation davantage structurée autour d'une équipe dirigeante. Le fait de confier à plusieurs responsables des domaines aussi importants que la ligne du parti, sa vie interne, son animation, sa politique générale et sa direction stratégique montre que Laurent Gbagbo cherche à faire fonctionner davantage l'appareil politique sur la base d'une responsabilité collective.
Sur le principe, c'est une bonne chose. Aucun parti politique ne peut raisonnablement construire son avenir en dépendant éternellement d'un seul homme, même lorsque cet homme possède une histoire, une légitimité militante et une expérience politique exceptionnelles. La solidité d'un parti se mesure précisément à sa capacité à continuer à fonctionner efficacement lorsque son fondateur n'est plus au centre de toutes les décisions.
Cette réorganisation peut donc constituer une première étape vers l'institutionnalisation du PPA-CI. Elle permet aussi de mettre les cadres devant leurs responsabilités. Désormais, ces personnalités devront démontrer leur capacité à travailler ensemble, à respecter les textes, à maintenir la cohésion interne, à mobiliser les militants et surtout à produire des résultats politiques.
Mais il faut également regarder l'autre côté de la médaille.
Le partage des responsabilités peut devenir une source de tensions s'il se transforme en partage des ambitions. Cinq personnalités importantes autour d'un même président peuvent produire une dynamique collective positive, mais elles peuvent également devenir plusieurs pôles d'influence concurrents si les règles de fonctionnement ne sont pas suffisamment claires.
La question essentielle sera donc celle de l'autorité réelle. Si Laurent Gbagbo délègue effectivement des responsabilités et laisse les délégataires exercer leurs missions, le PPA-CI pourra progressivement construire une direction collective. Mais si, derrière les nouvelles fonctions, les décisions fondamentales continuent de dépendre exclusivement du président, alors la réforme restera essentiellement organisationnelle et ne constituera pas une véritable transition.
C'est pourquoi je ne dirais pas que cette décision annonce nécessairement le retrait imminent de Laurent Gbagbo. Elle peut toutefois être interprétée comme la préparation d'une nouvelle étape de son leadership. Il faut distinguer clairement trois réalités : déléguer ses pouvoirs, préparer une succession et quitter la direction du parti. La première est désormais manifeste ; la deuxième est une hypothèse politiquement crédible ; la troisième n'est pas encore établie.
Il serait donc excessif d'affirmer aujourd'hui que Laurent Gbagbo prépare son départ immédiat. D'autant plus qu'il avait lui-même pris soin, en mai dernier, de préciser que la délégation de ses pouvoirs ne signifiait pas la nomination d'un successeur.
Cependant, une autre question mérite d'être posée : cette évolution n'arrive-t-elle pas tardivement ?
C'est probablement là que se trouve la principale faiblesse de cette démarche.
La question de la relève aurait pu être préparée beaucoup plus tôt. Dans une organisation politique qui ambitionne de gouverner le pays, la succession ne devrait jamais être une question que l'on commence à traiter lorsque le départ du leader devient imminent. Elle devrait être anticipée plusieurs années à l'avance.
La véritable maturité d'un parti politique consiste à préparer sa relève alors même que son leader historique est encore suffisamment fort pour accompagner cette transition sans crise.
C'est précisément ce que le PPA-CI doit maintenant réussir.
La question ne devrait donc pas seulement être : « Qui remplacera Laurent Gbagbo ? »
La question beaucoup plus importante est : « Le PPA-CI est-il capable de construire une organisation qui survivra politiquement à Laurent Gbagbo ? »
C'est là que se trouve le véritable enjeu.
Laurent Gbagbo possède une histoire politique qui lui est propre. Il a été président de la République, dirigeant de plusieurs formations politiques et demeure la principale figure historique du PPA-CI. Mais un parti qui aspire à exercer durablement le pouvoir doit aller au-delà de la personnalité de son fondateur. Il doit disposer d'une doctrine claire, d'une organisation solide, d'une génération montante, d'un mécanisme de transmission du pouvoir et de plusieurs cadres capables d'incarner le parti auprès des populations.
La réorganisation actuelle peut donc être considérée comme une opportunité historique.
Elle peut permettre à Laurent Gbagbo de passer progressivement d'un rôle de président qui concentre l'essentiel de l'autorité à celui de référence politique et historique accompagnant une nouvelle génération de dirigeants. Ce serait probablement l'une des meilleures manières de préserver son héritage politique.
Mais cette réussite dépendra de la capacité des cinq responsables à éviter les luttes de positionnement.
Ils devront comprendre que la délégation n'est pas une compétition pour savoir qui sera « l'héritier » de Laurent Gbagbo. C'est d'abord une période d'apprentissage collectif et de construction institutionnelle.
Il faudra également juger cette réforme sur des résultats concrets : implantation du parti, mobilisation des militants, cohésion interne, renouvellement des cadres, place accordée aux jeunes et aux femmes, capacité de proposition et crédibilité du projet de société.
Le PPA-CI a d'ailleurs déjà commencé à structurer son discours autour de questions sociales et économiques, notamment à travers son Pacte social, dont plusieurs responsables ont été chargés de différents piliers en juin 2026. Cette évolution montre que la question n'est pas uniquement celle de la succession du président, mais aussi celle de la transformation du parti en véritable machine politique et programmatique.
En définitive, je considère cette décision comme une bonne décision dans son principe, mais une décision qui arrive tardivement et dont la réussite reste à démontrer.
Elle peut être une erreur si elle crée plusieurs centres de pouvoir et alimente les ambitions personnelles. Elle peut être une grande avancée si elle permet de construire une direction collective disciplinée, compétente et capable de préparer sereinement l'avenir.
Quant à l'hypothèse d'un prochain retrait de Laurent Gbagbo, je resterais prudent. Les faits permettent de parler d'une délégation de pouvoirs et d'une possible préparation de l'avenir, mais pas encore d'un retrait annoncé.
La véritable réussite de cette réforme ne sera donc pas de trouver rapidement « l'homme qui remplacera Gbagbo ». Elle sera de faire en sorte que, demain, le PPA-CI puisse continuer à fonctionner, à défendre ses idées, à mobiliser ses militants et à participer à la conquête du pouvoir avec efficacité, que Laurent Gbagbo soit encore à sa tête ou qu'il ait décidé de transmettre définitivement le flambeau.
Et cette leçon dépasse largement le PPA-CI.
Tous les grands partis politiques ivoiriens devraient comprendre qu'un parti ne doit pas être construit uniquement autour d'un homme. Un leader peut créer une dynamique, mais seules des institutions solides peuvent garantir sa pérennité. La succession doit être préparée avant de devenir une urgence, la relève doit être formée avant d'être nécessaire et le collectif doit être plus fort que les ambitions individuelles.
C'est probablement le principal enseignement à tirer de cette nouvelle organisation du PPA-CI : le véritable défi n'est pas seulement de partager le pouvoir aujourd'hui, mais de savoir transmettre durablement le pouvoir demain. Hamed Ribah FOFANA, citoyen et président de l’ong ARELVI LES AMIS DE TOUSSAINT
🖊Plusieurs regards constituent un plus et une belle intelligence !
Liliana Lombardo
🖊Très beau décryptage, comme l'aime🤝🏾🙏🏾🙏🏾
🖊Vous avez été neutre. C'est à féliciter. Vous avez confronté les deux écoles d'analystes sur le sujet Bravo
Clément EWOUEDJE
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