👨‍⚕️👩‍⚕️Santé : besoins de main d’œuvre...

✍️ Billet d'humeur du Dr Christophe Prudhomme 

🕵‍♂️ Une enquête publiée par France Travail indique que de nombreuses offres d’emploi dans le domaine de la santé et de l’action sociale n’arrivent pas à être pourvues faute de candidats. 

Cette situation concerne tous les métiers, y compris les médecins, avec une difficulté de recrutement qui monte pour cette profession à près de 80 %. 

À cela s’ajoutent des inégalités régionales importantes avec les tensions les plus fortes en Corse, Guyane, Mayotte, Nouvelle-Aquitaine et Auvergne-Rhône-Alpes. 

Pourtant d’ici 2030, ce sont 500 000 postes qui devront être pourvus. Les métiers les plus recherchés sont ceux d’aides-soignants, d’infirmiers et d’auxiliaires de vie. Les recruteurs ont identifié plusieurs freins : le manque structurel de candidats, des rémunérations trop faibles et les conditions de travail, notamment la pénibilité et les horaires décalés. Ces éléments sont intéressants car ils recoupent exactement l’analyse des syndicats de personnels.
Ce constat est implacable et le gouvernement le connaît mais il a fait le choix de ne pas faire de cette question une priorité nationale. 
En effet, entre l’absence de réponse aux revendications syndicales et les différents plans d’économie imposés d’année en année, notre système de santé est à l’os. Il ne s’agit plus aujourd’hui de simplement augmenter les quotas de formation dans ces métiers, mais bien de leur redonner une attractivité. 
Cela passe essentiellement par l’amélioration des conditions de travail et une hausse substantielle des rémunérations. 
La question des rémunérations devient en effet une priorité car le blocage des salaires dans la Fonction publique depuis maintenant près de 15 ans est à l’origine d’une baisse de 15 % du pouvoir d’achat des personnels, y compris dans le secteur privé qui s’aligne sur les tarifs du public. 

Les comparaisons internationales montrent bien le peu de considération de ces métiers dans notre pays. 
Par exemple, pour la profession infirmière, en parité de pouvoir d’achat, la France est en bas du tableau des pays de l’OCDE. Le différentiel est ainsi de 12 % avec l’Irlande, de 20 % avec l’Allemagne, de 25 % avec le Danemark et de 100 % avec le Luxembourg ! 
Il est aussi intéressant de comparer le salaire d’une infirmière avec le salaire moyen : en France, c’est 100 %, alors que la moyenne de l’OCDE est de 120 %. Pour les aides-soignantes et les auxiliaires de vie, le salaire net en début de carrière est de 1450 euros. Cela explique leur faible attractivité quand s’y ajoutent des conditions de travail très contraignantes.
La poursuite de la politique actuelle ne peut que nous entraîner vers un effondrement de notre système de santé. 
Un changement radical est donc nécessaire afin que ces métiers retrouvent la reconnaissance que leur doit notre société si elle se veut humaine et solidaire.  

Propos recueillis par Nora ANSELL-SALLES LEGRAND 

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