mercredi 25 septembre 2019

Le coup de griffe de Jacques Draussin



Infolettre n° 351
mardi 24 septembre 2019Contact : Jacques DRAUSSIN jacques.draussin@biensur-sante.com

Joyeux, triste sire
La veille de la journée mondiale Alzheimer, on a appris que les professeurs Henri Joyeux et Jean-Bernard Fourtillan se livraient à un essai clinique sauvage sur 350 malades atteints de diverses pathologies mentales. Il s’agissait d’administrer, par voie transdermique, une hormone dérivée de la mélatonine, censée les guérir.
Cette hormone, nommée Valentonine par son inventeur, JB. Fourtillan, est défendue avec passion par H.Joyeux, son thuriféraire. Eux, mais ils sont bien les seuls, parlent d’hormone miracle, le terme étant en l’occurrence parfaitement approprié puisque les deux illuminés sont persuadés qu’il faut voir dans cette découverte une intervention divine. C’est ce coup de pouce du ciel sous forme de patch qui permettrait de guérir de la maladie d’Alzheimer ou de Parkinson.
Depuis 1994, date à laquelle le Seigneur, dans sa grande bonté, a inspiré le Pr Fourtillan, son joyeux confrère le soutient mordicus dans la vaine tentative de conviction qu’il a entreprise auprès de ses pairs et de l’industrie pharmaceutique. Le scientifique l’ayant jusqu’ici emporté sur le mystique, aucune étude n’a pu être financée et c’est à travers un fonds de dotation, le Fonds Josepha [en hommage à la religieuse Sœur Josepha Menendez] que les deux compères ont pu mettre en place une mascarade d’essai clinique au cœur de l’abbaye Sainte-Croix, près de Poitiers.
Faute de participation de la part d’une quelconque institution, ce sont les malades eux-mêmes et leurs familles qui approvisionnaient le très spirituel Fonds Josepha. Le denier du Culte scientifique en quelque sorte.
Après avoir déclenché une bronca dans le milieu médical avec ses pétitions anti-vaccins en 2014 et 2015, Henri Joyeux avait été radié de l’Ordre en première instance puis blanchi en appel et devait de toute façon être rejugé suite à une décision du Conseil d’État. Mais désormais, c’est devant une tout autre cour que le professeur devrait comparaître.
On verra qui, du procès en béatification de Sœur Josepha Menendez ou de celui en correctionnelle d’Henri Joyeux et de Jean-Bernard Fourtillan aboutira le premier. Dieu seul le sait mais j’ai quand même une petite idée.
Jacques DRAUSSIN

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