mercredi 10 août 2016

« Lits identifiés de soins palliatifs » : des OVNI sanitaires !





Une approche raisonnée des soins palliatifs 

La France a choisi d’organiser son offre de soins palliatifs au sein des établissements de santé en trois niveaux :
§ les unités de soins palliatifs (USP) qui sont des services dédiés,
§ les équipes mobiles de soins palliatifs (EMSP) qui peuvent intervenir dans les différents services en fonction des besoins,
§ et les lits identifiés de soins palliatifs (LISP) répartis dans certains services.
Ce schéma a été obtenu de haute lutte par les associations de patients et les soignants engagés dans l’accompagnement de la fin de vie des malades, avec l’appui de responsables politiques comprenant les drames qui se nouaient. 

Rien ne va plus…

Si une série de critères doivent être observés pour pouvoir bénéficier des financements supplémentaires attachés aux LISP, une étude récente (Evaluation de l'activité LISP et de l'implication de l'EMSP : Enquête ELISPE- Docteur Edouard Ferrand – Juin 2016), après plusieurs rapports faisant état des faiblesses de ce mécanisme, montre qu’il n’en est rien. Les financements sont bien parvenus aux établissements de santé, mais les critères de qualité des soins palliatifs (référent soins palliatifs dans le service, formation adaptée du personnel, intervention d’un psychologue, prise en charge de la douleur par une équipe formée, lien régulier avec l’équipe mobile de soins palliatifs, collégialité des décisions) ne sont presque jamais complètement respectés. 

§ De quoi parlons-nous ? Non pas de quelques « histoires de chasse », mais d’un problème structurel. L’étude porte sur 320 services dont seul 1 respecte tous les critères des LISP. On n’est plus dans l’erreur de codage, mais dans la grivèlerie consciente…
§ De qui parlons-nous ? De 80 % des décès estampillés « soins palliatifs » dans notre pays !

Action ! 

La loi du 9 juin 1999 inaugurait et consacrait une politique volontariste de la France dans le domaine des soins palliatifs. Ce n’était d’ailleurs qu’un rattrapage de notre retard par rapport à plusieurs de nos voisins européens. Il ne faut pas surtout pas attendre un énième rapport sur les LISP risquant d’aboutir à ce que soit demandée la suppression de ce dispositif utile avec le respect des critères. On ne va tout de même pas retourner en arrière ! Mais les LISP ne peuvent pas être des « objets variants non identifiés », chacun faisant à sa façon dans chaque service, sans rendre compte de l’argent perçu en plus ni de la qualité des soins que justifie l’exigence éthique.

Le CISS est prêt à participer à la réflexion sur ce sujet majeur afin que l’on s’oriente vers une amélioration de la qualité du service rendu par ces lits par exemple en mettant en place une évaluation et un accompagnement permanent des services bénéficiant de LISP en lien avec les équipes mobiles de soins palliatifs et les commissions des usagers des établissements de santé.

Contact presse :Marc Paris, mparis@leciss.org - 01 40 56 94 42
Le communiqué en pdf est disponible sur le site du CISS : www.leciss.org/espace-presse/communiqués-de-presse


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