vendredi 20 mars 2015

La dénutrition peut tuer plus que la maladie elle-même !



A l'hôpital,



La dénutrition peut tuer plus que la maladie elle-même !



Un malade dénutri a 4 fois plus de risques de faire une complication infectieuse qu’un malade normo-nutri,  / 10 à 20 % des malades atteints de cancer meurent des conséquences de leur dénutrition, pas de leur cancer /  La dénutrition majore le coût d’une hospitalisation de plus de 1 000 €.

Plus de quinze ans après la publication du rapport des professeurs B. Guy-Grand et C. Ricour, et malgré la création des Comités de Liaison Alimentation Nutrition (CLAN) dans tous les établissements de Santé*, la dénutrition reste encore trop fréquente à l’hôpital, faute d'une prise en charge suffisante

30 à 60 % des patients hospitalisés sont dénutris, en particulier en gériatrie, en oncologie, en chirurgie et dans la plupart des spécialités médicales (pneumologie, gastro-entérologie, réanimation...) : chez l’enfant, elle est objectivée par une cassure de la courbe de croissance. On estime qu'elle affecte 15% à 30% des enfants hospitalisés / Chez les personnes âgées hospitalisées en long séjour, la prévalence de la dénutrition est de 65 % / Chez les malades atteints de cancer, elle est en moyenne de 50 % mais très variable (de 67 % dans le cancer du pancréas à moins de 10 % dans celui du sein) et elle est majorée par les traitements (chimiothérapie, radiothérapie) dont elle diminue la tolérance.

La dénutrition est un facteur de surcoûts hospitaliers importants qui pourraient être évités :

moins de complications (en particulier infectieuses) / une hospitalisation moins longue / un moindre taux de mortalité indépendant de la maladie initiale.



    La dénutrition,

dont les causes et les conséquences en termes de morbi-mortalité sont  symétriques à celles de

 l'obésité,

mérite également une vraie politique de santé publique



dépister le risque  -  évaluer sa sévérité  -  identifier les patients à risque de complications en rapport avec la dénutrition  -  Assurer le suivi de l’efficacité de la renutrition



Ne plus considérer la nutrition comme un élément  secondaire de la prise en charge thérapeutique

L'état nutritionnel des patients hospitalisés n'est toujours pas assez pris en compte : sur les 30 à 40%  présentant un certain degré de dénutrition à l'admission, seul un faible pourcentage est diagnostiqué et alimenté de façon adéquate.

En outre, les besoins métaboliques des patients ne sont pas suffisamment connus, de sorte que les repas ne sont pas adaptés au goût et à l'appétit de ceux à qui ils sont destinés, qui de fait ne les consomment pas. Pour optimiser l’offre alimentaire, il faut donc développer le contenu des formations initiales médicales et paramédicales. Or, aujourd'hui, des formations continues existent, mais elles ne sont pas obligatoires.

Sur le plan médical, utiliser des méthodes plus sensibles et plus spécifiques.

Si la place des différentes techniques de renutrition (compléments nutritionnels oraux, nutrition parentérale, nutrition entérale) est bien définie, les besoins quantitatifs et surtout qualitatifs en nutriments restent imprécis avec des recommandations parfois même contradictoires. Pourtant, par exemple, la nutrition parentérale chez les grands prématurés est absolument vitale.

Du point de vue économique, valoriser la dénutrition dans le codage de la T2A, au lieu que ce soit un manque à gagner pour les établissements de santé, alors que la détection des troubles nutritionnels figure parmi les quatre items sur lesquels les hôpitaux sont jugés et notés selon les indicateurs IPAQSS (indicateurs pour l’amélioration de la qualité et de la sécurité des soins) de la Haute Autorité de Santé (HAS). Ainsi, le Département d’Informatique Médicale de l’Hôpital Cochin (AP-HP, Paris) a estimé que le codage correct de la dénutrition représentait trois millions d’euros par an.



*Dès 1995, les Prs Bernard Guy-Grand et Claude Ricour alors respectivement chef du service nutrition de l'Hôtel-Dieu (AP-HP) et chef du service de gastroentérologie et nutrition à Necker-Enfants malades (AP-HP), constatent que l’alimentation est secondaire dans la prise en charge du malade. Or, une bonne nutrition est indispensable à la guérison, à la cicatrisation et à la lutte contre les infections. En 2002,  les CLAN - Comités de liaison alimentation et nutrition – réunissent enfin dans des structures hospitalières transversales les professionnels concernés par l’alimentation et la nutrition clinique pour améliorer l’état nutritionnel des patients et sensibiliser les  professionnels de santé aux formations et aux procédures.




Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire